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800 millions de dollars, c’est trop Elections 2011 : la Suisse pour la révision à la baisse des coûts !
Kinshasa, le 30/07/2010
« La Suisse salue la volonté de la présidence et du gouvernement d’organiser des élections transparentes, démocratiques et équitables dans les délais impartis. Les préparatifs – notamment l’enregistrement des électeurs – doivent commencer diligemment. Concernant le coût du cycle électoral 2010-2013, mon pays plaide pour le réalisme. Comment la RDC pourra-t-elle financer la somme provisoirement affichée avoisinant 800 millions de dollars ? La communauté internationale peut certes l’accompagner et l’appuyer mais elle ne saurait se substituer à une prérogative souveraine de l’Etat congolais. Une révision substantielle à la baisse des coûts des prochaines élections s’impose », a déclaré hier soir, l’Ambassadeur Linus Von Castelmur, lors de la grande journée de commémoration du 719ème anniversaire de la Suisse. A cette heureuse fête qui rappelle l’année 1291, période pendant laquelle des hommes et des femmes avaient pris la décision de se libérer du joug du féodalisme, à Kinshasa, l’Ambassadeur a également fait référence au Cinquantenaire de l’indépendance de la RDC. Il a notamment fait allusion au soutien et l’assistance de la Suisse, à la hauteur d’une trentaine de millions de dollars par an. Le Diplomate suisse a parlé de liens solides existant entre son pays et la RDC. Les élections de 2011, la paix, la justice, la démocratie, la liberté, la mort de Chebeya et de Salvator Muhindo ont pris une place importante dans son adresse au contenu interpellateur. Ministres, Sénateurs, Professeurs, acteurs de la société civile … étaient là, pour l’écouter. Ci-dessous, l’intégralité de son discours de circonstance.
Mot de circonstance de l’ambassadeur de Suisse en RDC Linus von Castemur à l’occasion de la fête nationale suisse, 29 juillet 2010
Excellences,
Honorables,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Chers amis,
C’est avec une très grande joie que je vous accueille avec toute l’équipe de l’ambassade Suisse à l’occasion de notre fête nationale. Françoise gardies, mon épouse qui est en déplacement à l’extérieur du pays, est avec nous en pensées ce soir.
Nous fêtons aujourd’hui le 719e anniversaire de la Suisse. En effet, selon le mythe fondateur, le 1er août 1291, des femmes et des hommes de Suisse centrale se sont réunis pour déclarer leur indépendance, proclamer leur liberté et s’affranchir de la juridiction et de la fiscalité féodale.
La fondation de la Confédération est l’histoire d’une volonté d’émancipation et d’une quête de liberté. Animés par des valeurs de paix et de justice sociale, les Suisses de l’époque aspiraient à vivre en bonne entente avec leurs voisins et à être maîtres chez eux. Ils voulaient contrôler eux-mêmes les cols alpins et les maigres ressources d’une agriculture de montagne. Et surtout, ils tenaient à réaliser leur idée révolutionnaire d’une démocratie participative.
Ce sont très précisément ces valeurs que nous avons en partage avec la République Démocratique du Congo qui le 30 juin dernier a célébré le cinquantenaire de son accession à l’indépendance et qui a atteint quelques heures plus tard le Point d’achèvement du programme pour les pays pauvres très endettés (PPTE) qui témoigne d’un encourageant début de stabilisation macro-économique.
La Suisse se réjouit avec la RDC, elle la félicite et elle lui souhaite bonheur et prospérité. La Ministre des Affaires étrangères suisse Micheline Calmy-Rey l’a bien dit lors de sa visite à Kinshasa en février dernier : La Suisse s’intéresse à la RDC. J’en veux pour preuve le fait que chaque année mon pays contribue pour une trentaine de millions de dollars à la RDC, sous forme d’assistance humanitaire, de coopération au développement et de soutien à la stabilisation.
Mais nous le savons tous, on ne développe pas un pays à travers l’assistance, aussi substantielle et aussi bien conçue soit-elle. Ce sont les investisseurs nationaux et internationaux qui créent le vivier économique et social qui permet à une société de se développer.
Encore faut-il que les conditions – cadre pour réaliser des investissements soient durablement réunies. La sécurité physique des personnes, la stabilité politique et institutionnelle, la sécurité juridique et judiciaire ainsi qu’une garantie de protection des investissements sont primordiales. Des procédures administratives transparentes et bien définies, le respect des engagements pris et une fiscalité équitable sont autant des préalables pour attirer et garder les investisseurs sérieux dans l’économie formelle. Avec l’entrée en vigueur prochaine de la convention OHADA la situation devrait s’améliorer.
Il y a aussi des facteurs humains qui sont les préalables d’un développement harmonieux. Comment ne pas mentionner ici l’éducation de base, la formation professionnelle et un enseignement universitaire digne de ce nom ? Tous les exemples le prouvent, ce n’est qu’avec des têtes bien formées que l’on arrive à moderniser un pays. Les efforts importants du gouvernement et de la communauté internationale pour la réforme de l’enseignement sont un facteur-clé du développement.
Le libre exercice des droits démocratiques et le respect des droits humains représentent des valeurs en soi, mais ces valeurs contribuent également au développement. Ce pays a certes besoin d’une présidence et d’un gouvernement forts ; il aussi besoin d’une opposition forte, de des véritables débats d’idées et de mécanismes de contrôle au sein du Parlement et des médias indépendants qui font leur travail d’information sans interférences, intimidation ou menaces.
La Suisse a été consternée par le meurtre de Floribert Chebeya Bahizire, grand patriote congolais et figure emblématique des droits humains, et de son chauffeur Fidèle Bazana Edadi toujours porté disparu. La veille même du Cinquantenaire, deux éléments armés ont froidement assassiné à l’est du pays, Salvator Muhindo, un autre militant des droits humains. Ces victimes allongent la liste bien trop longue de militants des droits humains et des journalistes tués dans des circonstances non éclaircies. Que toute la lumière soit faite sur ces crimes et que les fautifs soient punis pour que cesse l’impunité. Il y a du respect de l’exercice libre et indépendant de la justice, clé de voûte de la constitution démocratique de la RDC.
La Suisse salue la volonté de la présidence et du gouvernement d’organiser des élections transparentes, démocratiques et équitables dans les délais impartis. Les préparatifs – notamment l’enregistrement des électeurs – doivent commencer diligemment. Concernant le coût du cycle électoral 2010-2013, mon pays plaide pour le réalisme. Comment la RDC pourra-t-elle financer la somme provisoirement affichée avoisinant 800 millions de dollars ? La communauté internationale peut certes l’accompagner et l’appuyer mais elle ne saurait se substituer à une prérogative souveraine de l’Etat congolais. Une révision substantielle à la baisse des coûts des prochaines élections s’impose.
Mesdames et Messieurs, aujourd’hui est aussi et avant tout l’occasion d’une fête. En tant que grand amateur de la musique congolaise, je suis ravi de pouvoir vous présenter ce soir des musiciens congolais d’exception : Les Washiba, groupe kinois très tonique qui allie une théâtralité expressive à des rythmes congolais très rock et funk. Je suis sûr que vous allez apprécier leur performance !
Il me reste l’agréable devoir de remercier chaleureusement Nestlé Congo Sprl et particulièrement son Directeur général Bassem Philip qui a accordé à mon ambassade un généreux soutien financier. C’est grâce à Nestlé que nous avons pu inviter aussi largement et organiser des célébrations aussi festives.
Pour conclure, je vous propose de lever notre verre à la santé et à la prospérité de la RDC. Que vive la République Démocratique du Congo, que vive la Suisse !
Marcel Ngoyi
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