|
Budget 2010 Kabila renvoie, Martin Mukonkole condamne le retard !
Kinshasa, le 10/01/2010
Elu de Kabinda, au Kasaï Oriental, fer de lance de l’Opposition, vierge politiquement et fougueux dans les débats, Martin Mukonkole est de ces Députés incapables de se contenter de la langue de bois devant des situations cruciales intéressant l’avenir de la RD. Congo.
A l’aune de cette année 2010, il s’est donné, le vendredi 8 janvier dernier, dans la commune mouvementée de Kalamu mieux connue pour son effervescent centre d’activités à Matonge, en plein cœur de Kinshasa, un temps d’échange avec les professionnels des médias. Un temps jugé, par lui, de bénéfique, pour restituer à ceux qui l’ont accompagné et soutenu toute la fière chandelle. Une manière, pour lui, de remercier les journalistes, pour leur contribution tous azimuts à la lutte engagée contre la corruption, l’impunité et les nombreux maux qui rongent la RD. Congo.
A ses yeux, en effet, 2010 devrait être une année de meilleure redistribution des richesses nationales afin qu’elles profitent à tous les congolais. D’où, l’accent qu’il a mis sur le retard occasionné par la non promulgation, par le Président de la République, M. Joseph Kabila Kabange, du Budget 2010. Et, pourtant, le Parlement qui l’avait traité dans le délai constitutionnel requis, l’attendait, comme à l’accoutumée, à la veille de la Saint Sylvestre. L’Honorable Mukonkole constate avec regret que le pays navigue à vue depuis la fin 2009, sans budget.
A l’en croire, les rectificatifs et observations présidentiels auraient nécessité raisonnablement que les Députés soient convoqués de toute urgence, au Palais du Peuple, pour leur intégration dans ce Budget, avant même le 31 décembre 2009.
Il condamne véhément la lenteur avec laquelle l’Exécutif National a renvoyé ce budget à l’Assemblée Nationale.
Tout de suite la rupture …
Il prône, en outre, la rupture et le changement des mentalités. Ceci suppose la bonne gouvernance. Ceci suppose également le sérieux dans l’anticipation des événements. Le progrès social, rêve croisé de tous les citoyens, ne saurait, lui, arriver qu’à la seule condition que les gouvernants soient engagés à la remise en question, à gouverner autrement, à combattre les souffrances à la racine, à défenestrer toutes les poches d’insécurité et, finalement, à enrayer la pauvreté dans tous les ménages. Les produits de substitution, au bout du travail, c’est la prospérité, la paix, la bonne santé et le développement. Le gouvernement qui gère le pays au quotidien, a-t-il insisté, doit savoir que gérer, c’est prévoir. Allusion faite ainsi à ce vide, à l’absence du budget, même s’il est de quelques jours, en attendant les crédits provisoires. « Il est temps de changer la manière de gérer la République et d’instaurer la bonne gouvernance, pour espérer, un beau jour, accéder au progrès social », a-t-il soutenu, en substance.
Vœux d’un réel changement
En vue d’un réel changement, l’implication de tous est nécessaire, en commençant par le gouvernement, précise-t-il. Martin Mukonkole a, par la suite, appelé le gouvernement à rectifier le tir, en privilégiant l’intérêt général en lieu et place des intérêts personnels.
C’est ici qu’il a rappelé l’importance du découpage territorial et de la retenue à la source de 40 % dont aucun signal fort n’est lancé jusque-là par le gouvernement pour l’accélération de la réalisation des projets ambitieux tracés par chacune des provinces et adoptés par les Assemblées Provinciales.
Ces projets ambitieux sont, faut-il le relever, un rêve de tous les congolais. Leur réalisation est un atout indéniable au processus de développement du pays. Ce serait un pur leurre si l’on pensait que les Provinces pourraient, à tout hasard, décoller les travaux d’infrastructures ou autres, sans moyens suffisants.
L’Opposition dans le pétrin
A l’aube des élections, l’Honorable Martin Mukonkole dénonce le calcul politicien et mesquin orchestré par les bureaux des deux chambres du Parlement. L’Opposition n’a toujours pas de structure qu’il lui fallait, au terme de la loi sur son statut. L’Opposition politique est dans le pétrin. Elle manque de structure adéquate pour s’assurer d’un fonctionnement efficient. Veut-on la réduire au silence ? Pour quel bénéfice ? A qui profitera-t-il ? Des raisons de multiples inquiétudes sont là, pour un Mukonkole avisé.
Séverine Katanda
|