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Affaire logements sociaux à Tshipuka
Générose Lushiku induite en erreur ?
Kinshasa, le 18/12/2009
De Tshibombo à Tshipuka, la délocalisation unilatérale de site aurait joué contre le chronogramme tracé. La chute vertigineuse de taux de change entre le moment où LBB Oil avait soumissionné pour l’obtention du marché de construction des logements sociaux, le 11 mai 2005, et, le 31 décembre 2007, jour du versement de l’acompte, aura été, lui aussi, un impondérable devant être pris en compte lors d’une séance d’évaluation, si Madame Générose Lushiku, Ministre de l’Urbanisme et Habitat, acceptait d’accorder quelques minutes d’entretien à Lubamba Tambwe Jean-Marie. La flambée des prix des intrants de construction dont le ciment devenu, en son temps, cher et rare à Mbuji-Mayi et à travers le pays, fut un élément non négligeable dans le traitement de ce dossier, avant d’en arriver, comme c’est le cas aujourd’hui, à la lettre de mise en demeure. Une séance de travail suffit, pour dissiper tout malentendu. Elle permettrait, de toute évidence, aux uns et autres, de rétablir les responsabilités et de répondre à la question de savoir : « qui de l’Etat ou LBB Oil doit à qui, dans cette affaire ? ».
Genèse de l’affaire
Il fallait, en effet, construire 50 maisons de logements sociaux dont la valeur estimée, au départ, fut de 18.310,64 USD, un chiffre attesté par les experts de l’Urbanisme. En 2005, lors de la soumission, les calculs étaient faits de telle sorte qu’une fois l’Etat décaisse cet argent au profit de LBB Oil, les travaux commencent. Plus tard, deux ans se sont écoulés. Vers la fin de l’année 2007, plus précisément le 31 décembre, c’est alors qu’un premier acompte sera versé à LBB Oil, en Francs Congolais. L’eau ayant coulé sous le pont, le taux change suivant sa courbe habituelle, tout avait changé. Les prix avaient doublé, triplé, quadruplé ou quintuplé. Le sac de ciment avait atteint la hauteur de 50 USD, les autres matériels de construction n’avaient pas échappé à la règle d’affolement des prix. Ce qui, du coup, rendait impossible l’exécution des travaux aux conditions initiales. Des nouveaux réglages s’imposaient entre l’Etat et LBB Oil. A tout prendre, un travail avait été réalisé, pour chiffrer le coût d’une maison, en 2007. Au bas mot, les experts disent, dans un document, que pour atteindre cet objectif, LBB Oil devait disposer d’au moins 61.443,40 USD pour construire une seule maison. En bon mathématicien, le calcul devient simple. 61.443,40 USD fois 50 maisons= 3.072.170 USD. Or, en réalité, LBB Oil n’avait eu qu’environ 220.000 USD, soit un écart 2.852.170 USD à compléter pour faire face à la têtutesse des facteurs imprévus. Sur ce montant de 220.000 USD, d’autres frais prioritaires de 40.000 USD avaient été dépensés en faveur des intervenants. Si bien que LBB Oil n’a eu, au bout du rouleau, que 180.000 USD sur plus de trois millions de dollars américains à mobiliser par l’Etat, pour achever ce projet de construction des logements sociaux à Tshipuka, à 50 Km de Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental. Va-t-on contredire les chiffres des experts de l’Urbanisme ? Car ce sont eux qui avaient œuvré à la réalisation des écarts entre les estimations de 2005 et 2007. La dévaluation du Franc Congolais face au dollar américain est, elle, un fait perturbateur ; un élément catalyseur. La dévaluation, loin s’en faut, est et demeure un facteur à ne pas ignorer dans les conjectures.
La responsabilité de l’Etat ?
Pour LBB, la responsabilité de l’Etat est toute engagée. Après toutes les difficultés endurées, le peu de moyens ont été consacrés à la construction de trois maisons, en attendant la suite du financement promis. Voilà pourquoi LBB s’inscrit en faux contre la décision unilatérale de Générose Lushiku, de lui retirer le reste de ce marché, en dépit de sa bonne foi. « En vérité, le Trésor Public doit me payer la différence de change de l’acompte, augmentée de la redéfinition des coûts entre le moment de la passation de la commande et la libération de l’acompte, pour savoir si le contractant peut alors être déclaré déficitaire », écrit, noir sur blanc, Lubamba Tambwe, dans sa réaction à la lettre de mise en demeure de la Ministre Générose Lushiku. « LBB Oil a besoin d’être éclairé pour rétablir les faits plutôt que d’une mise en demeure ou/et d’une annulation de contrat », ajoute-il, dans cette même correspondance.
LPM
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