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Avant le coup d’envoi du 5 décembre 2009 à N’djili
Les élèves découvrent la pièce ‘‘Basal’ya Bazoba’’ !
Kinshasa, le 02/12/2009
Le premier spectacle général de la pièce « Basal’ya Bazoba » a été suivi avec beaucoup d’attention et d’intérêt par le public kinois. C’était le 30 novembre. La primeur a été réservée aux élèves de l’Institut Lemfu dans la commune N’djili.
C’était un véritable coup d’essai, mieux un véritable coup de maître pour les initiateurs du projet mais pas un pari gagné pour K-Mu Théâtre parce que le grand travail reste à faire. Il faut sensibiliser toute la population kinoise à travers la tournée théâtrale qui commence le 05 décembre et qui se poursuivra dans toutes les 24 communes de Kinshasa.
Scindée en sept scènes, la pièce « Basal’ya Bazoba » est un spectacle comique et musical axé sur le phénomène « Enfants dits sorciers » vécu dans la société congolaise.
Cette première exhibition en public a été une occasion pour les artistes comédiens d’essayer d’enregistrer la réaction du public en entendant la première présentation officielle de la pièce qui interviendra ce samedi 5 décembre, en plein air à la Place Sainte-Thérèse, à N’djili. Mais, d’abord il est prévu un avant spectacle ce vendredi 4 décembre toujours sur le même lieu.
La journée du 30 novembre a été une aubaine pour les organisateurs qui ont mis dans le bain les élèves faisant partie de la tranche d’âge des enfants accusés par leurs familles d’être de sorciers.
‘‘Enfant dit sorcier’’ : Pas de manipulation !
Tout le monde a sa part de responsabilités. La pièce fustige le comportement de parents, de pasteurs et de l’Etat sur le phénomène « Enfant dit sorcier ».
Sur scène, les artistes s’emploient à démontrer pourquoi la société ne fait aucun effort pour démontrent que personne ne cherche à savoir qui est habilité à déclarer un enfant sorcier. Toute une série des questions autour de la pièce constitue une lutte pour mettre fin au pétrin. Telle est l’idée maîtresse de ce projet de sensibilisation.
Fabrice Bwabulamutima, Pasco Losanganya, et Christian Bena, Toto, Kisaku sont les comédiens qui interprètent et assument magnifiquement chacun son rôle dans la pièce. Du côté de la musique, il y a les chanteurs Marciano, Tasisu, Olga, Tshiwuka, Reagan Matuke et Toussaint Kimbembi. La musique apporte du tonus au spectacle à l’image de la société qui est concernée. Dans l’ensemble, les artistes ont été à la hauteur du spectacle.
Guido Kleene, metteur en scène de la pièce, s’est dit très satisfait par rapport à la prestation scénique faite par les acteurs qui viennent tous de l’INA. Il a été émerveillé de voir la manière dont la foule a réagi après avoir capté le message véhiculé à travers la pièce. C’est-à-dire, l’enfant ne peut pas être taxé de sorcier. Les artistes ont dénoncé la manipulation de la part de certains hommes de Dieu qui continuent à utiliser le phénomène pour se renflouer la caisse.
Une pièce convaincante !
Le premier spectacle général en public a été marqué par l’engouement qui traduit l’importance que le public a accordé à la pièce. Les élèves (enfants) qui sont considérés comme la cible principale dans la pièce ainsi que les encadreurs (parents) ont été impressionnés de découvrir les artistes comédiens présentés la scène avec beaucoup de professionnalisme.
Sur le plan artistique, les artistes ont épaté en retenant l’attention de l’assistance pendant plus ou moins 1h 30’ sur scène. La scénographie de la pièce a été jugée positive et convaincante. Tous les acteurs se sont démarqués chacun par son rôle et par le système en ce qui concerne les jeux. L’ambiance était euphorique. Une curiosité immesurable qui traduit l’importance dudit projet de sensibilisation sur le phénomène des enfants accusés de sorcelleries. La fin du spectacle a été sanctionnée par une conférence de presse qui a permis aux organisateurs d’expliciter et d’éclairer la lanterne par rapport au message et à la scénographie de la pièce.
Abordée par la Prospérité, la chargée de production du projet, Sabine de Tonnac de Théâtre Embassy s’est montrée satisfaite du résultat de cette première journée d’essai. Très convaincue, elle a soutenu la réalisation dans les jours à venir de supports DVD et CD de la pièce « Basal’ya Bazoba » qui seront produits afin de l’élargir la connaissance de la problématique du phénomène.
Protection des enfants !
Visant d’informer la population sur les mécanismes qui produisent les accusations de la sorcellerie auprès des enfants, « Basal’ya Bazoba » est un projet qui s’inscrit dans le but de sensibiliser la société congolaise sur le fait que l’enfant doit être perçu comme une valeur à conserver et non comme un porte malheur, pire encore comme le responsable de toutes sortes de malheurs qui rongent la société. Ce projet financé par l’Ambassade de Hollande est caractérisé par 100 spectacles publics à travers Kinshasa jusqu’au 05 juin 2010. Il est exécuté sous la coordination de K-Mu Théâtre, Ong « Oser la Vie », Théâtre Ambassy d’Amsterdam et Compagnie Dakar.
Concernant la tournée qui démarre le 5 décembre à la Place Sainte-Thérèse, Toto Kisaku, directeur artistique de K-Mu a rassuré que le spectacle sera en couleur vu le costume et le décor qui créent un focus intéressant pour attirer le public. Les autorités communales et urbaines, des pasteurs ainsi que le public sont invités à prendre part à cet événement qui annonce le début de la campagne de sensibilisation à travers le théâtre musical.
Jordache Diala
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