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Vrais fronts esquivés !
Kinshasa, le 25/10/2012
C’est clair ! Des véhicules d’occasion fabriqués avant 2002 n’entreront plus en République Démocratique du Congo. C’est-ce que vient de décider le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, dans un décret qui entrera en vigueur le 2 décembre de l’année en cours. Pour ce faire, les importateurs et autres grossistes des véhicules de fabrication qui datent d’avant 2002 doivent retirer leurs commandes. Et cela, endéans seulement deux mois. Après ce bref sursis, tout véhicule importé vers la RD. Congo et qui ne répond pas aux exigences ci-devant mentionnées sera soit réexporté, soit détruit lors de son dédouanage aux frais de son transporteur ou transitaire.
En effet, les congolais doivent désormais vider les rues de différentes villes du pays de tous les véhicules qui ont été fabriqués avant 2002. Cette décision qui, dans les jours à venir, ne manquera pas de susciter des remous au sein de l’opinion nationale. Pour le chef de l’Exécutif national, sa décision est justifiée par sa volonté de vouloir limiter l’impact nuisible des véhicules polluant l’environnement. Voilà ! Le patron du gouvernement congolais pense déjà à la réduction de la pollution alors que bon nombre de sujets qui font fâcher restent encore entiers. A cet effet, maints analystes voient dans cette décision un arrière goût d’imitation de la part du Premier ministre. « Bravo, monsieur le premier ministre pour son souci de vouloir minimiser la pollution de l’environnement par les véhicules », a ironisé Forum des As dans son édition d’hier. Seulement voilà que sa décision n’a nullement tenu compte du niveau de vie de ses gouvernés. Qui aurait le loisir de gagner plus d’argent est d’aller se fourvoyer dans le choix de véhicules d’occasion ? N’est-ce pas que cette minorité de congolais friqués se tapent des jeeps de nouvelles séries ? Comment tout d’un coup, exiger aux congolais lambdas qui, pour s’acheter ce véhicule d’occasion décrié, font peut être de décennies d’économie pour s’en procurer ? Franchement, cette décision semble être inadaptée au train de vie de congolais dans leur majorité. Au moment où le prix de la douane reste inamovible, le numéro un du gouvernement va seulement toucher chez les fragiles pour durcir les choses. D’après certaines opinions, le Premier ministre semble prendre des décisions sans mesurer la vie de ses compatriotes. Au lieu peut être de commencer par améliorer la vie de ses concitoyens, le premier de tous les ministres a choisi d’asphyxier davantage ces derniers. Cela, en exigeant à ceux qui achètent ces vieux véhicules pas par plaisir, mais plutôt par l’exhaustivité de leurs moyens à y renoncer. Face à cette situation, beaucoup de congolais pensent que le Premier ministre résout les problèmes congolais par « des détours ». « Les vrais fronts de problèmes congolais semblent être esquivés par le Premier », estiment certains kinois.
D’autres encore, croient que le technocrate a mis la charrue avant le bœuf. C\'est-à-dire, au lieu de commencer par élever le niveau de vie des congolais, lui, est allé secouer les conséquences. Or, passé du temps à interdire les importations de véhicules d’avant 2002 ne devait être, en principe, qu’une conséquence logique d’une vie améliorée. Donnez aux congolais une vie moyenne et ils achèteront d’eux-mêmes les véhicules neufs sans un décret de cette nature. On ne doit donc pas anticiper les choses. Ou encore faire changer, comme par incantation, la vie de ces congolais. Ça ne sert à rien de fêter pâques avant les rameaux, donc n’anticipons rien.
Dido Nsapu
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