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Vérités ?
Kinshasa, le 13/10/2012
Ces derniers jours, la démocratie en RD Congo a subi un décryptage sur toutes ses facettes. La tenue à Kinshasa du IVème sommet de la Francophonie aura ouvert les vannes à tout un chacun de dresser un état de lieux sur la pratique de ce grand système politique libéral au monde au pays de Joseph Kabila.
Cet angle de vue n’a rien de digressif. Il s’arc-boute sur les préceptes sacro-saints de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). En effet, dans sa politique générale, outre ses considérations linguistiques, l’OIF milite pour la promotion de la culture démocratique au sein de ses Etats membres. De ce fait, cette rencontre de Kinshasa ne saurait manquer sarcler le chiendent. L’occasion était, à la fois, belle et inévitable pour, éventuellement, chasser les mauvaises herbes qui poussent dans le champ démocratique des pays ayant en partage la langue française, plus particulièrement, le plus grand d’entre eux, hôte de ce sommet.
La France, parraine naturelle de la Francophonie et grand nom de la démocratie, y était venue pour, d’un côté, promouvoir une langue en perte de vitesse sur la scène internationale face notamment, à l’anglais et de l’autre, pour l’affermissement des idéaux démocratiques.
Son Président, François Hollande a, dans ce sens, administré une piqûre hypodermique bien dosée pouvant produire des effets escomptés à la jeune démocratie congolaise dont les travers et les efforts ne sont pas méconnus.
Dans sa déclaration du 13 octobre et aussi avant ce jour, le Chef de l’Etat français a mis la franchise à l’avant plan, pour parler ‘’démocratie’’ en RDC. Telle veut sa nouvelle approche pour l’Afrique, celle consistant « à tout dire partout ». Le locataire de l’Elysée avait déjà, sans état d’âme, touché du bon et du pas bon, avant même de venir à Kinshasa. Il l’a dit aux journalistes de Rfi, TV5 et de France 24, dans une interview.
Du bon : les progrès qui viennent d’être accomplis dans l’ouverture du processus sur la restructuration de la CENI et l’adoption de loi organique instituant la Commission Nationale des droits de l’homme. Cette dernière aura notamment, la mission de réaliser des enquêtes sur tous les cas de violations de droits humains afin de protéger les victimes.
Du pas bon : Au plan démocratique, des droits de l’homme et de la reconnaissance de l’opposition, la situation en RDC est « inacceptable ».
Loin d’être une parole d’évangile, l’on devrait toutefois s’attendre à une remise en question du côté des incriminés, après ces trois vérités de Hollande.
Mais, c’était sans compter avec les réactions jamais loin du bout de la langue, venant de ceux qui ont la prétention d’être exempt de tout reproche. On est poussé à dire qu’un reproche est pris comme synonyme de blasphème et non, une aubaine pour rectifier les tirs. Leur option : succomber aux charmes de l’autosuffisance. Oubliant que la démocratie reste un idéal à atteindre. Si les vielles nations démocratiques encourent toujours derrière, à plus forte raison, la RD. Congo qui n’est qu’à ses prémices. Hollande a voulu simplement « respecter ses interlocuteurs tout en leur disant la vérité ». Il s’est même dépouillé de la casquette d’arbitre ou de juge, pour voir la vérité en face. C’est aussi là, le sens des échanges qui étaient attendus au cours de ce sommet.
L’évidence : avec ses guerres cycliques, des élections à problème, la marginalisation ou, mieux, la fragilisation de l’opposition, une justice à géométrie variable et autres, la RD. Congo a encore beaucoup à faire, nonobstant la révolution de la modernité.
La Pros.
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