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La Francophonie et ses nerfs !
Kinshasa, le 05/10/2012
Le boulevard du 30 juin a été vidé de ses fous hier, jeudi 4 septembre 2012.
C’était une véritable opération chasse aux déréglés que la Police Nationale Congolaise a entrepris dans la commune de la Gombe, plus essentiellement le long de la plus prestigieuse des avenues congolaises.
Les malades mentaux qui errent le long de cette grande artère de la ville de Kinshasa ont tout simplement été ramassés par les agents de l’ordre. Ils étaient tous encastrés comme des sardines à bord d’une jeep Pick-up de la PNC. Destination : inconnue. Les Policiers qui assuraient cette opération ont été follement non coopératifs avec nos reporters et n’ont pas voulu répondre à la moindre question.
Depuis plusieurs années, en effet, il se remarque un nombre assez important des fous le long du boulevard du 30 juin. L’espace compris entre le cimetière de la Gombe et l’avenue de Libération se révèle être le plus prisé pour la plupart d’entre eux.
A l’instar de ces coins, ces malades mentaux, abandonnés à leur triste sort, envahissent toutes les rues de la ville de Kinshasa. Eux qui, si le minimum du rationnel était dans la gestion de cette métropole, devraient avoir une place dans un centre psychiatrique, au lieu de cohabiter avec les dits normaux à l’ère libre. En dépit des conséquences néfastes que cela pourrait avoir sur la sécurité et la santé des citoyens, les autorités de la place ont toujours affiché une déconcertante indifférence quant à la prise en charge de ces malades. Pourtant, il revient à leur responsabilité. Ils ont même oublié, si pas minimisé, que la salubrité d’une ville qu’on veut à l’image de la « révolution de la modernité » en dépend également.
La francophonie chasse t-elle le naturel ? D’aucuns fustigent le fait qu’il a fallu que le XIVème Sommet de la Francophonie se tienne à Kinshasa pour que le gestionnaire de la res publica comprenne que la place de ces disjonctés n’est ni dans les rues ni dans les dépotoirs publiques et encore moins dans des cimetières, mais plutôt dans un asile. Chasser le naturel, il revient au galop, dit-on. Les kinois restent cependant sceptiques quant à la bonne foi de cette opération, si ce n’est pour tromper les yeux des Francophones. Et, c’est non sans raison car, il y a des indices qui ne trompent pas : Le toilettage s’est fait une semaine avant la tenue du Sommet. En plus, il ne couvre pas toute la ville. Seules, les grandes artères ont été choisies.
Devant ce fait, déduire un retour à l’errance de ces malades après le départ des invités n’est qu’un raisonnement logique. La mauvaise habitude d’ignorer ses compatriotes qui ont perdu leur sens logique relève du naturel pour nos gouvernants.
L’envahissement des lieux publics par ces fous ne tourmentait personne.
Le Centre Neuro-Psycho Pathologique de Kinshasa (CNPP) se trouve aujourd’hui dans un état d’abandon. En effet, cette formation hospitalière qui devrait accueillir ces malades n’a plus le monde, moins encore la notoriété d’auparavant. Infrastructures vétustes, Pavillons vidés des patients, personnel soignant vieillissant… Bref, l’Etat y met cahin-caha les moyens. De surcroît, il ne songe plus à interner les fous qui sont, du reste, en villégiature dans les rues.
L’on se demande alors si ces asociales représentent un danger uniquement pour les 6.000 étrangers en séjour de quelques jours à Kinshasa. Et, un non danger pour les 10 millions de kinois résidents permanent ?
Demeurons dans la raison !
Socrate Nsimba
Socrate Nsimba
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