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Le raté frustre !
Kinshasa, le 03/10/2012
L’ouragan a fortement soufflé à l’Assemblée Nationale le lundi, 1er octobre 2012, à l’occasion de la motion d’interpellation de l’Honorable Jean-Lucien Bussa, à l’endroit du Premier Ministre, Matata Ponyo. Mais celle-ci, quelle que soit sa puissance, parce que bien ficelée par ce député de l’opposition, cette motion a été nette stoppée par la majorité présidentielle. Elle a été jugée « inopportune », si pas « anticipée ». Les arguments n’ont pas tari à cet effet. Seulement, le rejet de cette motion fait réfléchir quant à l’idée de contrôle dévolu au Parlement par la Constitution. Celle-ci dispose que chaque Député a l’initiative de la loi. Dans le cadre du contrôle parlementaire, il dispose tout aussi de la latitude pour ce faire. A sa disposition des instruments : la motion d’interpellation, la question orale avec débats, la motion de censure voire la motion de défiance. Par ailleurs, la Constitution reste muette quant à la durée pour initier une motion, contrairement aux allégations avancées par certains du côté de la majorité. Ce qui laisse dire à certains juristes que celle-ci peut intervenir à tout moment durant la législature. Ici, le lieu de battre en brèche l’argument selon lequel le Premier Ministre n’a que quelque mois à la Primature. Par ailleurs, la contradiction flagrante apparue, c’est de voir les Députés de la majorité refuser carrément que le Premier Ministre vienne fournir des explications sur des sujets pourtant essentiels pour la population qui les a mandatés. A tout bien considérer, Matata Ponyo ne serait pas incapable de répondre aux préoccupations de Bussa. Encore que cela ne menaçait en rien son fauteuil de Premier Ministre. Il s’est agi tout simplement d’un exercice démocratique auquel les congolais devront s’habituer dans le cadre de la gestion de la res publica ; le pouvoir n’étant pas un droit, mais plutôt un service. Et comme tel, l’on est censé rendre compte à la nation de sa gestion. D’ailleurs, pour quiconque connaît bien la méthode de travail de Matata, il sera d’avis qu’il a déjà instauré, à son niveau, un système qui lui permet de faire une évaluation hebdomadaire avec ses Ministres, en fonction des groupes thématiques, si pas au niveau de la Troïka économico-financière. C’est donc quelqu’un de rompu dans la transparence et qui n’a rien à cacher pour l’intérêt de la nation. Alors, comment comprendre la position des Députés de la majorité inventant des théories qui éloignent de la véritable démocratie ? Est-ce qu’il y avait un mot d’ordre parce que la motion venait de l’opposition ? La réponse peut être positive, au regard du fait qu’il n’y avait pas de positions disparates au sein de cette plate forme. Tous communiaient à la même enseigne. Pourtant, parmi les Députés qui ont rejeté la motion de Bussa, certains sont victimes, si pas leurs membres de familles de la situation trouble dans l’Est du pays. Il en est de même de ces vingt dollars dont on chante tant dans la Fonction publique. Non, il aurait fallu laisser le temps au Premier Ministre de s’expliquer pour apaiser la tension qui monte dans les consciences que de la raviver, en privant aux Congolais de communier avec le Chef de l’Exécutif. Voilà un raté qui frustre.
La Pros.
La Pros.
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