|
Offre rejetée !
Kinshasa, le 19/09/2012
Le compte à rebours se poursuit parce que, c’est dans 23 jours exactement que vont se tenir, à Kinshasa, les assises sur le XIVème Sommet de la Francophonie. Tout est passé au peigne fin. Les sites qui vont accueillir les invités, là où les rencontres vont dérouler, les lieux pour le divertissement… C’est d’ailleurs dans ce cadre que le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a sillonné la capitale, en visite d’inspection, pour se rendre à l’évidence de l’avancement des travaux. Il est passé à l’Hôtel du Fleuve, au Palais du peuple, au stade des Martyrs, à l’aéroport de N’djili et, par ricochet, le boulevard Lumumba où s’effectuent les grands travaux de modernisation de cette chaussée. Sur le plan politique, parallèlement, un autre travail d’harmonisation devait se faire. Non pas seulement au niveau de la majorité, où d’ailleurs les membres communient à l’unisson et attendent de pied ferme la tenue du Sommet de la Francophonie au regard de ses retombées. Mais, le travail devait se faire en synergie avec l’opposition politique, par le biais de ses groupes parlementaires. Le Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Richard Muyej, a initié la démarche le lundi dernier. Il a invité les représentants des groupes parlementaires de l’opposition. Pour toute réponse, ceux-ci ont dit niet. Et l’offre de Richard Muyej a été rejetée. Mais, pourquoi ? L’on allègue ici un piège qui se trame en sourdine. « C’est pour empêcher l’opposition de peaufiner ses stratégies », a-t-on indiqué. Quelles stratégies ? Toute la question est là. Seulement, celle-ci avait déjà fait savoir se préparer pour présenter son cahier des charges à François Hollande et aux autres Chefs d’Etat qui fouleront leur pied à Kinshasa. Le refrain, c’est la question de légitimité à la tête du pays, la violation des droits de l’homme, la guerre dans l’Est du pays et ses multiples conséquences sur les populations civiles, la tentative de Balkanisation du territoire national… Pour ce faire, un travail de fond se peaufine à l’opposition et point besoin de se laisser distraire, indique-t-on dans les milieux des radicaux. Mais, ce refus de l’opposition ne peut-il pas donner lieu à d’intenses réflexions ? D’abord, c’est que la Francophonie a existé avant l’avènement de Joseph Kabila à la tête de la RDC. Et comme tel, elle n’est pas une affaire personnelle, qui engage Kabila seul. Non, c’est une affaire de toute la République. Ensuite, la Francophonie regroupe les Etats ayant en partage la langue française. Enfin, c’est pour la première fois que ce Sommet va se tenir en RDC. Alors, qu’il y ait des revendications à formuler, ce qui est légitime pour l’opposition, le Parlement est un lieu de prédilection. Rechercher un soutien auprès des autres Chefs d’Etat, en terme de pression à exercer sur les dirigeants congolais, pour des questions internes, c’est aussi légitime. Mais, la marge de manœuvre de ces derniers sera amoindrie suite à certaines contingences. Surtout, lorsque le Sommet se révèle être un succès, la voie de l’opposition ne sera pas audible. Faut-il pour autant saboter la tenue du Sommet ? C’est irréfléchi. D’ailleurs, toutes les dispositions sont prises pour la réussite de ces assises. A moins que l’opposition trouve une faille.
Ghislain Lubula
|