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La flexibilité !
Kinshasa, le 12/09/2012
Sauf changement de dernière minute, un représentant du M23 sera à New York, le 27 septembre, pour le mini sommet convoqué par Ban Ki-Moon.
Peut-on considérer cette rencontre, qui pourrait mettre autour de la même table Joseph Kabila, Paul Kagame et un représentant rebelle, comme une première épreuve d’un dialogue qui s’ouvre entre les protagonistes, dans le dessein avoué de faire cesser les hostilités dans la partie orientale de la RD. Congo ? Aussi spontané que cela pourrait paraître, il est permis toutefois de commencer à y voir quelques possibilités. En plus, il existe aujourd’hui une coïncidence toute aussi éloquente. Les rebelles du M23 veulent désormais que le tapis vert leur soit déroulé sur cette question. Ce groupe armé, qui revendique le respect des accords signés le 23 mars 2009 entre l’ex CNDP et le pouvoir de Kinshasa, compte négocier avec le Gouvernement congolais. Est-ce une provocation ? Une manœuvre de plus pour tenter de rouler le pouvoir dans la farine ? Ou, à l’inverse, une intention réelle de rechercher la paix ? Si pas, une démarche imposée par l’évolution des donnes ?
De toutes les façons, ce qui est dit est dit. La balle est maintenant renvoyée chez le camp loyaliste. Ceci, bien que Kinshasa a juré de ne plus miser sur les accolades avec les preneurs d’armes.
En effet, le Gouvernement congolais a, depuis le début de cette crise, toujours persisté et signé : il n’est pas question de négocier avec un quelconque groupe armé pour le partage du pouvoir. Le régime voit en ceci, Lambert Mende a recouru à sa verve oratoire pour le répéter mainte fois, une façon de décourager tout esprit qui envisage d’accéder aux commandes en recourrant aux kalachnikovs. Une démarche inadmissible donc dans un pays à processus démocratique où, pour accéder au trône, la constitution du 25 février 2005 montre l’unique et le droit chemin : les urnes. Bref, pour Kinshasa qui reste nostalgique, c’est serait une erreur supplémentaire que de négocier avec le M23. Les expériences du passé n’étant pas reluisantes. Didier Reynders, Ministre belge des Affaires Etrangères, semblait, à quelques mesures, réconforter cette thèse quand il avait déclaré, lors de sa dernière visite en RDC, qu’il ne fallait plus intégrer les indisciplinés dans l’armée congolaise. Les mutins du M23 sont évidement dans ce panier. Dans l’entre-temps, Humain Rights Watch, vient de placer le M23 dans un guet-apens. Le très puissant Ongdh américain a divulgué hier, un rapport accablant qui démontre ‘’les crimes de guerre’’ commis par ces rebelles. Cette révélation est de nature à placer les chefs de ce mouvement devant un tribunal ou une cour, plutôt que dans un salon de concertation.
Cependant, une question reste posée. Existent-ils d’autres moyens pour instaurer la paix dans le délai, en écartant le dialogue avec le M23 ? Un retour à la réalité ne nous donne malheureusement pas une piste idéale à explorer que celle de la négociation. Sur le terrain des affrontements, les choses n’évoluent comme l’espère une bonne partie de l’opinion congolaise. Les yeux sont plus tournés vers la reforme devant s’opérer dans cette armée que sur les prochaines victoires fracassantes sur l’ennemi. Au niveau diplomatique, la mise en place prochaine de la force internationale neutre est loin de convaincre quant à sa mission. Addis-abeba, Kampala I ou II et d’autres réunions… auront touché le fiasco, de l’avis de plusieurs analystes.
Du point de vue politique, c’est là où une brèche s’ouvre. L’analyse factuelle des faits impose l’échange avec le M23. Réalisme oblige : Pour instaurer au plus vite la paix, question de soulager la souffrance des populations civiles, il est temps de faire appelle à cette flexibilité en appréciant politiquement les rapports de force. La réussite même de la révolution de la modernité en dépend car, sans paix, aucun élan de développement n’est envisageable.
Socrate Nsimba
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