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Esprit de mort ?
Kinshasa, le 07/09/2012
Aujourd’hui, des Chefs d’Etat et de gouvernements de Onze pays membres de la CIRGL se rencontrent autour de Yoweri Museveni, à Kampala, capitale de l’Ouganda. Si tout va bien, ils vont entériner les propositions techniques formulées par leurs Ministres de la Défense, en marge des travaux d’experts concoctés, depuis le premier rendez-vous, en août dernier. Concrètement, cette nouvelle réunion présente un intérêt certain quant à la suite à réserver à la problématique de la force internationale neutre à déployer le long de la frontière entre la RD. Congo et le Rwanda, pour resserrer l’étau autour de groupes armés, devenus par la théâtralisation des choses, des acteurs majeurs d’une crise aux élans déstabilisateurs de la partie Est du territoire national de la RD. Congo.
Une fois accepté, le principe de ce déploiement pourrait, s’il faut compter également sur les efforts des Fardc et de la Monusco, contribuer à la dissuasion de ces forces dites négatives disséminées au travers de leurs tentacules, comme dans certaines cases à l’est du pays dont leurs vrais propriétaires, des autochtones, au fait, seraient en fuite.
Si, pour les uns, Kampala II n’est qu’un pur leurre ou, à la limite, une véritable distraction, pour les autres, par contre, cette rencontre participe de la décision, du reste, soutenue par le Conseil de Sécurité de l’Onu, en ce qu’elle apparaît comme le seul paraclet que les pays de la Région aient choisi, pour tenter de colmater des brèches d’une profonde de crise qui, au fil des années, a transformé en lambeaux tout le tissu de confiance existant entre le Rwanda et la RD. Congo. Pourtant, ces deux pays devraient être ramenés au niveau de comprendre qu’ils doivent vivre encore et toujours, comme des voisins tant que la carte géographique retraçant l’histoire de l’Afrique et du monde n’aura pas changé. D’aucuns pensaient également qu’il suffirait de renforcer les capacités opérationnelles de la Monusco et, même, de lui doter d’un mandat plus coercitif, pour que le M23, les Maï-Maï Nyatura, les Fdlr, les Raïa Mutomboki… soient obligés d’abdiquer à leurs appétits gloutons dont l’exploitation illégale et le commerce illicite des ressources naturelles de la RD. Congo. Au fond, ce vrai-faux débat est loin de se terminer. Cette semaine, les partis de l’Opposition ont dit non à la venue de cette force internationale neutre. Le mercredi, en début d’après-midi, le Mouvement Social pour le Renouveau de Lumbi, n’a pas mâché de mots, pour encourager Kabila, pris, ici et spécialement, dans sa nouvelle casquette de fin diplomate en raison de ses dernières randonnées dans la région. Tantôt à Addis-Abeba, en Ethiopie, dans le cadre de l’Union Africaine. Tantôt, à Kampala I et II, en Ouganda, sous les auspices de la CIRGL, à Dar es-Salaam, en Tanzanie, derrière les rideaux de la Sadc ou, mieux, à l’Onu, avec Tshibanda et Louise, la ministre rwandaise, devant le comité des sanctions. La paix tant recherchée est-elle possible d’être trouvée à Kampala ? Difficile de le croire aussi longtemps que les groupes armés continuent à piller, massacrer, violer et tuer des populations civiles et, parfois, sous la barbe observatrice des casques bleus de la Monusco. D’où, l’urgence d’agir, dès maintenant, pour arrêter l’entêtement de ces groupes armés manifestement ‘’hantés’’ par l’esprit de mort. A la force, seule la force peut faire quelque chose. Il n’y a que lorsqu’ils comprendront ce langage, l’unique d’ailleurs, celui de ‘’la force’’ nationale ou internationale que ces groupes armés reviendront rapidement à la raison. Et, là alors, ce sera le temps de sonner le tocsin, c’est-à-dire, de faire retentir l’alarme, pour un dialogue franc sur les vrais enjeux. Et, donc, sur des questions fâcheuses, sans le moindre titillement, ni fioriture.
Marcel Ngoyi
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