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Ni victoire, ni défaite !
Kinshasa, le 01/09/2012
Comment interpréter l’arrivée de François Hollande à Kinshasa ? Est-ce une victoire ou une défaite ? Est-ce une occasion, pour les tenants du pouvoir, de se frotter les mains ? Est-ce, enfin, une aubaine, pour l’Opposition ? En tout cas, même si tout chemin mène à Rome, il n’est certainement pas possible de développer une fixation particulière sur ce sujet. Quand bien même, il aura cristallisé les débats dans des salons politiques ainsi qu’au sein des instances dirigeantes de la France, pendant plusieurs mois, depuis l’Hexagone. Mais, au finish, c’est l’avis de Yamine Benguigui qui l’a emporté sur des considérations reposant simplement sur des alvéoles du barillet de règlement des comptes, à Paris tout comme à Kinshasa. Et, pourtant, pour sa première sortie solennelle en Afrique, après sa brillante élection à la présidentielle, Hollande arrive à Kinshasa, sur le sol sacré de Patrice-Emery Lumumba et de tous les aïeux du peuple congolais. C’est sa première communion avec le continent noir via l’Afrique centrale. C’est toute une histoire qu’il inscrira dans les annales de son passage à l’Elysée. M. Hollande, espère-t-on, rendra hommage aux dirigeants africains, pour les efforts déjà consentis à l’avancée de la cause Francophone. En même temps qu’il leur demandera, en revanche, d’arrondir les angles de leurs actions démocratiques afin qu’elles rendent l’espace francophone viable et profitable à leurs concitoyens. Loin de transformer la tribune de la Francophonie en une instance juridictionnelle pour le procès des régimes africains, il ne manquera pas, cependant, d’attirer l’attention de ses compères africains ou d’ailleurs, sur l’épineuse question du respect des droits de l’homme, de l’amélioration du climat des affaires mais, surtout, des réajustements politiques nécessaires à l’organisation des élections aux résultats acceptables. L’appel sera lancé ainsi à tous les dirigeants africains. Tous les autres participants, venus de tous les coins du monde, seront impliqués, à coup sûr. L’affaire intéressera, dans ce contexte-là, tout l’espace francophone. Comment, dès lors, penser à une quelconque victoire d’un camp sur un autre, comme si, dès le départ, le gouvernement congolais était engagé dans une guerre contre certains politiques ou Ongs qui, comme l’Udps, réduisent la présence de M. Hollande à la seule question de ‘’légitimation’’ de Kabila, depuis qu’il s’est succédé à lui-même, à la tête de la RD. Congo, à l’issue de dernières empoignades électorales du 28 novembre 2011. Eh bien ! De quel côté doit-on placer la barre des intérêts du Congo-Kinshasa ? Du pouvoir ou de l’Opposition, ou de deux, à la fois ? Raisonnablement, maints analystes estiment que le langage de ‘’camps’’ est largement dépassé. Et qu’il faille enterrer dorénavant la hache de guerre, pour se relancer autrement. La guerre à l’Est, la défection au centre, le social et la Francophonie… appellent à la forte mobilisation des énergies, pour le triomphe de la cause nationale au détriment des intérêts sordides. Alors, poussons ! Pouaaaahhhhhh ! Et, le monde comprendra que l’unité et la cohésion des congolais sont une force redoutable contre laquelle n’importe quel agresseur, fut-il le Rwanda, ne saurait indéfiniment résister.
Marcel Ngoyi
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