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Modérez l’euphorie !
Kinshasa, le 24/08/2012
La publication des résultats des examens d’Etat relancée par le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, plonge, à nouveau, les élèves finalistes dans l’euphorie. Cette euphorie est justifiable dans une certaine mesure. Surtout lorsqu’on se rappelle le souvenir de plus ou moins treize ans passés sur le banc, dans cette première phase importante de l’éducation, dans un pays où ce sont les parents d’élèves, démunis, qui prennent en charge les enseignants, également démunis. L’Etat ayant démissionné depuis des décades. Non ! C’est un parcours de combattant qui mérite d’être célébré avec faste lorsque, au finish, on a remporté le prix.
Seulement voilà. Le spectacle auquel les lauréats se livre devient inquiétant. Tenez ! Le mercredi, tard dans la nuit, des jeunes gens, victimes de leur propre réussite, ont offert un véritable tapage dans les célèbres bistrots du rond-point magasin Kintambo. Au point que certaines filles, lauréates, ont été simplement égarées de la voie festive, pour se livrer à d’autres mœurs, un peu plus déréglées. Ce n’est pas du tout de leur faute ! La livraison des résultats de ces épreuves n’intervenant que la nuit, cela paraît une aubaine pour ceux et celles qui, à jamais, ont toujours cherché des occasions pour étaler leur immoralité, dans une société où les mœurs ont perdu complètement pédale. Des boîtes de nuit et autres débits de boissons sont envahis, à chaque publication nocturne des résultats. L’alcool et la cigarette forment un cocktail explosif qui entraîne, ainsi, ceux qu’on qualifie de l’espoir de demain, dans le dérapage. Le tout, dans une indifférence totale de l’Etat et de certains parents. Les conséquences sont, parfois dramatiques. N’a-t-on pas vu un Lauréat succombé à la suite d’un accident de circulation ? Bien sûr que si.
Cette réussite qui sanctionne la fin du cycle des humanités n’est qu’une étape qui oriente vers une phase beaucoup plus supérieure de la vie. La jeunesse qui est l’avenir d’une nation ne doit surtout pas se livrer aux extravagances de telle nature. Décrocher un diplôme d’Etat n’est qu’une fin, mais gagner sa vie à travers ce diplôme en est une finalité. Une fois compris dans ce sens, les frasques qui accompagnent cette jubilation de la réussite devront être modérées. L’Etat, lui, ne doit pas indéfiniment rester impassible. Les parents non plus. Il est encore temps de sauver ce qui peut l’être.
Dido Nsapu
La Pros.
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