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Affaire Porte-parole Le MLC interpellé !
Kinshasa, le 10/08/2012
*La problématique de la désignation du porte-parole de l’opposition est loin d’être vidée. Le rendez-vous étant pris pour la session ordinaire de septembre prochain, même la période de l’intersession a du mal à contenir ce dossier effervescent. Dans une correspondance particulière, un confrère, en la personne de Belhar Mbuyi, épluche l’enjeu qui entoure ce choix qui, selon lui, oppose deux visions de l’avenir du pays : démocratique ou opportuniste, fondé sur les principes ou sur la personnalisation du pouvoir politique. Aussi, interpelle-t-il le MLC, parti Cher à JP. Bemba. Car, à l’en croire, la candidature du SG du MLC, M. Thomas Luhaka, à ce poste, paraît n’être qu’une candidature de posture, une façon de peser sur les événements. Mais, le parti de Jean-Pierre Bemba, soutient-il, après une analyse froide, a un rôle important à jouer. Entre se dédire et rester fidèle à ses principes, le MLC joue sa crédibilité. Le confrère ne s’explique pas le fait que tout au long de la législature passée, le MLC n’a eu de cesse de répéter à envie que le poste de porte-parole lui revenait de droit parce qu’il était le premier parti de l’opposition à l’Assemblée nationale. Et qu’aujourd’hui, qu’il se refuse à respecter le principe- juste- qu’il a soutenu hier, cela surprend.
Comment le MLC peut-il prétendre demain améliorer le système démocratique congolais afin que les dirigeants soient effectivement ceux qui sont les plus représentatifs de la population si déjà il n’en donne pas l’exemple au sein même de l’opposition ? Et, à lui, de conclure que Jean-Pierre Bemba est donc très vivement interpellé. D’autant plus que si le groupe MLC et alliés rejoint l’UDPS/FAC et les LDC, cela constituera un large consensus qui aboutira à l’établissement d’un principe qui servira désormais pour le futur, chaque fois que la question se posera. Un principe tout simplement démocratique. En tout cas, l’analyse, ci-après, porte bien la signature d’un journaliste qui se veut chroniqueur de l’actualité politique en RD. Congo. Tout est à prendre au sérieux !
Rendez-vous en septembre …
L’Opposition n’a pu désigner son porte-parole lors de la dernière session extraordinaire, faute d’adoption de son règlement d’ordre intérieur. Le rendez-vous est donc pris pour la session ordinaire de septembre. D’ici-là, l’heure reste à l’empoigne. Après avoir dégainé le premier en essayant de présenter son rival comme un néophyte en politique, Vital Kamerhe s’est subitement rappelé les bons souvenirs passés avec Samy Badibanga lorsque ce dernier était le discret mais combien efficace conseiller spécial d’Etienne Tshisekedi.
En fait, l’enjeu porte-parole qui n’est un enjeu que dans cette RDC de nulle part, oppose deux visions de l’avenir du pays, démocratique ou opportuniste, fondé sur les principes ou sur la personnalisation du pouvoir politique. Entre les deux, la candidature du SG du MLC Thomas Luhaka paraît n’être qu’une candidature de posture, une façon de peser sur les événements. Mais le parti de Jean-Pierre Bemba a un rôle important à jouer. Entre se dédire et rester fidèle à ses principes, le MLC joue sa crédibilité.
Question à un franc congolais : la démocratie se construit-elle sur base des principes ou de la personnalisation du pouvoir politique, autrement sur des institutions fortes ou sur des hommes forts ? A cette question simple, le député UDPS Samy Badibanga et le président de l’UNC Vital Kamerhe répondent différemment.
Pour le second, le poste de porte-parole doit lui revenir parce qu’il en aurait le profil. Un de ses nouveaux porte-étendards, le député UDPS dissident de son groupe parlementaire, Serge Mayamba, a ainsi proposé d’établir un critérium qui corresponde nécessairement au profil de Kamerhe.Au point que, à chaque législature, on devrait relancer les hostilités pour savoir qui aurait le profil établi selon des nouveaux critériums en fonction des candidats qui seront en présence à chaque fois. Contre cette vision des choses, le groupe Parlementaire UDPS/FAC et son président Samy Badibanga Ntita, ont l’avantage de promouvoir les principes, à la fois simples, démocratiques et immuables, qui s’appliqueraient à tous durablement de façon impersonnelle. Nul besoin d’un périscope pour se rendre compte que c’est de cette manière-ci que se construit une démocratique.
Un principe tout simplement démocratique
Par contre, le député UDPS Samy Badibanga Ntita, à la suite de son groupe parlementaire, propose un principe tout simplement démocratique. A savoir, le respect de la représentativité des partis d’opposition. C’est cela le principe qui est consacré dans tous les pays où est institué le poste de chef de l’opposition, que ces pays soient de régime parlementaire (Grande-Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, etc), ou présidentiel (Mauritanie, Burkina Faso, Afrique du Sud). Nulle exception ! Pourquoi donc le Congo devrait-il déroger à une règle qui est universellement admise et qui fait depuis lors jurisprudence sur le plan international ? S’est-on déjà posé la question de savoir ce que pensent de nous les diplomates, ou simplement les citoyens de pays cités ci-haut et vivant en RDC, lorsqu’ils constatent ce combat d’arrière-garde dû à un seul homme qui, après sa bérézina à la présidentielle, tient à se refaire une santé politique et financière car des neigeux horizons menacent le ciel de son avenir ?
Le MLC interpellé
Dans cette bataille épique, le MLC a un rôle plus qu’important à jouer, étant donné que deux groupes parlementaires sur quatre, à savoir l’UDPS/FAC et les LDC (Libéraux Démocrates-Chrétiens) sont d’accords sur le principe évoqué ci-dessus. Le MLC joue les prolongations, avec, d’un côté, son SG Thomas Luhaka qui tient à sa candidature, et, de l’autre, un autre cadre, ancien copain de classe de Kamerhe, qui veut faire du MLC un satellite de l’UNC.
Dans les deux cas, le parti de Jean-Pierre Bemba n’en sortirait pas grandi, et y perdrait tout son crédit. Pour deux raisons. La première : tout au long de la législature passée, le MLC n’a eu de cesse de répéter à envie que le poste de porte-parole lui revenait de droit parce qu’il était le premier parti de l’opposition à l’Assemblée nationale.
Comment peut-il aujourd’hui expliquer qu’il se refuse à respecter le principe – juste – qu’il a soutenu hier ? La deuxième : le parti de Jean-Pierre Bemba a été la grande victime du non-respect de l’ordre d’arrivée établi par les électeurs lors des élections provinciales de 2006. C’est ainsi que dans les provinces où le MLC était largement arrivée en tête, et où il était majoritaire avec ses alliés (Bas-Congo, Kinshasa, Kasaï occidental, Equateur), des combinaisons ont été organisées pour renverser la majorité et donner le pouvoir provincial à des coalitions peu représentatives de l’opinion populaire. Ainsi, l’Equateur est aujourd’hui dirigée par un gouverneur dont le parti – l’ADH – ne dispose que de trois députés provinciaux, là où le MLC, de loin le premier parti de la province avec 36 élus, a été éjecté.
Comment le MLC peut-il prétendre demain améliorer le système démocratique congolais afin que les dirigeants soient effectivement ceux qui sont les plus représentatifs de la population si déjà il n’en donne pas l’exemple au sein même de l’opposition ? Jean-Pierre Bemba est donc très vivement interpellé : si le groupe MLC et alliés rejoint l’UDPS/FAC et les LDC, cela constituera un large consensus qui aboutira à l’établissement d’un principe qui servira désormais pour le futur chaque fois que la question se posera. Un principe tout simplement démocratique.
Belhar Mbuyi
Correspondance particulière
La Pros.
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