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Prouver la bonne foi !
Kinshasa, le 09/08/2012
Yoweri Museveni, Président de la République de l’Ouganda, aura-t-il réussi son pari, en tant que Président en exercice de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), qui planche sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? En tout état de cause, après Addis-Abeba, Kampala a aussi vécu. Pendant deux jours, soit du 7 au 8 août 2012, les Chefs d’Etat de la CIRGL ont eu le temps de se dire des vérités, d’examiner de façon méticuleuse tous les contours de la problématique de la guerre dans cette partie de la RDC et d’en proposer des pistes de solutions urgentes. Unanimes sur la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire sur terrain, conscients de leur engagement aux termes du Pacte de la CIRGL sur la sécurité, la stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs du 15 décembre 2006 et les protocoles y afférant, ils ont pris un certain nombre des décisions à régler en mode d’urgence. Parmi celles-ci, l’une se rapporte à des actions à mener pour faire cesser définitivement les combats sur terrain, sans exclure la possibilité de prise des sanctions à l’endroit des perturbateurs de la paix ; l’autre tend à soutenir les efforts du Gouvernement Congolais visant la restauration de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC, et l’autre encore porte sur la mise sur pied d’un Sous-Comité constitué des ministres de la Défense des Etats membres de la CIRGL. Celui-ci, indique la déclaration finale des Chefs d’Etat de la CIRGL, proposera l’opérationalisation de la Force Internationale Neutre. Pour plus d’un observateur, la RDC doit tout faire pour que sa position de déployer, le long de la frontière congolo-rwandaise, des éléments de la Monusco soit adoptée. Bien que du côté rwandais, cette proposition reste inadmissible, le Sous-Comité constitué par les Chefs de l’Etat pourra départager les deux camps. Seulement, en dépit du délai imparti à cette structure pour proposer des éléments précis de cette force, il y a d’abord nécessité de faire taire les armes. Ensuite, la prise en charge des milliers des gens condamnés à l’errance dans les montagnes du Nord-Kivu et, enfin, résoudre définitivement la sempiternelle question dans cette partie du pays. S’il y a effectivement urgence, c’est la bonne foi qui doit caractériser tous les Chefs d’Etat de la CIRGL. Celle-ci, doit s’accompagner des actions concrètes sans duplicité. Sinon, les mêmes causes, produisant les mêmes effets, Addis-Abeba, Kampala ressembleront, à la limite, aux accords de Goma. Ceux-ci n’auront eu des mérites que d’accoucher d’une souris. C’est non sans raison. La guerre qui a éclaté dans le Nord-Kivu est une illustration éloquente de l’échec cuisant de ces accords. Donc, point besoin d’autres accords à l’emporte pièces. Ce faisant, Kabila doit veiller au grain. Il y va de l’intérêt de toute la nation congolaise.
Ghislain Lubula
La Pros.
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