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En panne d’activités La CENI renvoie 435 agents !
Kinshasa, le 08/08/2012
*«Après lecture du communiqué, veuillez contacter les services administratifs compétents pour récupérer votre rémunération du mois de juin. Pour le mois de juillet, veuillez passer à la fin du mois d’août ». C’est en substance la phrase assassine qui a donné à plus de 435 agents temporaires de la Centrale électorale de comprendre que le contrat qui le liait à l’employeur venait d’être rompu. Et, pour cause ? Le communiqué qui date du 6 août précise que c’est suite à l’incertitude qui plane quant à la date de la tenue des élections provinciales, urbaines, municipales et locales. En effet, selon M. Jean-Baptiste ITIPO, Directeur de la Communication à la CENI, cette décision est consécutive aux recommandations du Gouvernement. Elle tient aussi compte des critiques émises au niveau de la chambre basse du Parlement, lors de l’évaluation du processus électoral. Sont concernés par cette décision signée par le Directeur chargé de l’Administration de la CENI, les mécaniciens, les techniciens, les hôtesses, les nettoyeurs, les chauffeurs, etc. Qu’adviendra-t-il si les choses revenaient à la normale ? A la CENI, l’on affirme disposer d’une banque de données fiables reprenant les noms de tous ces agents, pour pouvoir les rappeler, le moment venu. Or, si la panique gagne les agents de la CENI renvoyés, les politiciens devront l’être davantage, eux qui, dans leurs états-majors respectifs, ont déjà commencé à peaufiner des stratégies pour rafler autant de sièges aux élections provinciales. Ainsi, il n’est pas exclu qu’il y ait montée au créneau, dans les jours à venir, de certains cadres politiques, pour dénoncer cet état des choses, synonyme du renvoi sine die de la suite du processus électoral.
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), institution organisatrice des élections en RDC, n’a que faire de la pléthore des agents pendant cette période où plane l’incertitude quant à l’organisation des élections provinciales, urbaines, municipales et locales. C’est pour cette raison qu’une décision signée par le Directeur chargé de l’Administration de cette institution d’appui à la démocratie, est tombée ce lundi 6 août 2012. Aux fonds auspices, cette décision renvoie près de 435 agents temporaires à la maison, le temps qu’un nouveau calendrier réaménagé soit arrêté, pour la tenue de la suite des élections.
A en croire M. Jean-Baptiste ITIPO, Directeur de la Communication à la CENI, cette décision est donc consécutive aux recommandations du Gouvernement. Elle tient également compte des critiques émises ça et là sur le processus électoral de 2011, lors de son évaluation au Parlement.
La CENI, a rappelé M. ITIPO, recrute, à chaque cycle électoral, des agents temporaires, notamment, ceux qui doivent prester au centre national de traitement ; aux centres d’appels opérationnels ainsi que le personnel en charge de la logistique et autres. Bien plus, a renchéri M. ITIPO, tant qu’on préparait les échéances électorales, la présence de ces agents temporaires étaient encore nécessaire. Mais, dès lors que le calendrier réaménagé publié par la Centrale électorale a été suspendu par la Représentation nationale, la CENI, devenue du coup, en panne d’activités, ne peut plus garder ces agents temporaires qui, pendant cette période, tournent les pouces aux bureaux.
Ainsi, sont donc concernés par cette décision, les mécaniciens, les techniciens, les hôtesses, les nettoyeurs, les chauffeurs, etc. Un fin limier de La Prospérité a pris connaissance de ce communiqué coupe-gorge qui invite les agents, juste après sa lecture, de passer auprès de services administratifs compétents, pour retirer leur rémunération du mois de juin. Quant au mois de juillet, ils sont priés de faire le même exercice mais, à la fin de ce mois d’août. Clair comme un verre réverbère, cette annonce a plongé plus d’un agent concerné en émoi. «Comment peut-on nous remercier de cette façon après avoir rendu des beaux et loyaux services à la nation», a laissé entendre un agent visiblement pantois.
Et, pourtant, à la CENI, l’information était connue de tous, y compris les agents remerciés. ‘’Ils ont été préavisés’’, rassure-t-on.
Absence probable de financement
Si, officiellement, la question d’absence de financement n’a pas été soulevée, dans l’opinion, l’on ne s’en cache pas. « Cela doit être la raison principale », indique un Haut placé, sous le sceau de l’anonymat. Encore que le Président de la CENI avait annoncé, tambours battants, l’organisation desdites élections pour un avenir proche, en brandissant le calendrier dont les premières étapes du processus devaient commencer, dès le mois de février dernier. Puis, elles ont été malheureusement renvoyées sine die, sur recommandation de l’Assemblée nationale qui a décidé de suspendre la suite du processus électoral de 2013.
Désarroi chez les agents
Alors que les efforts sont déployés au niveau du Gouvernement, pour lutter contre le taux de chômage, certains agents ne s’expliquent pas cette décision qui va, pratiquement, à l’encontre des promesses du Gouvernement. Pour certaines langues, il n’est pas exclu qu’en perspective de la révision de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, que certaines actions soient menées, en interne, pour réduire les effectifs. Mais, du côté de la CENI, le communiqué affiché aux valves de ce service se veut rassurant : « la CENI dispose de toutes les données quant aux agents et pourra les recontacter, le moment venu ».
Qu’à cela ne tienne, c’est tout de même une pilule amère pour les 435 familles touchées par cette décision, à la veille d’une rentrée scolaire qui s’annonce déjà difficile pour les parents.
Les politiques vont sauter sur l’occasion
Nul doute, une brèche vient de s’ouvrir pour que des langues se délient dans la classe politique. Les uns pourront inéluctablement crier sur le toit pour dire combien le Gouvernement n’est pas favorable à la tenue des élections dans la territoriale. Les uns pourront même rappeler qu’il en était ainsi en 2006 où, après l’organisation des élections provinciales, il n’y avait eu que des nominations des Administrateurs de territoires et des Bourgmestres dans les communes. La petite territoriale, elle, attendra encore longtemps. Entretemps, le vieux Sénat issu de l’ancienne légitimité va continuer. Les gouverneurs des provinces et les assemblées provinciales restent en place et fonctionnent, comme par le passé jusqu’à ce que les révisions envisagées au niveau de la loi électorale et de la loi portant organisation de la CENI s’accomplissent et que les moyens généralement recherchés soient, enfin, trouvés.
La Pros.
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