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La marche, et après ?
Kinshasa, le 03/08/2012
Jamais les chrétiens de la République Démocratique du Congo n’ont communié, non seulement avec l’Eternel Dieu, mais avec eux-mêmes et aussi avec toute la nation, pour dire, de vive voix, non à la balkanisation, à travers la marche de l’espérance du 1er août 2012. La marée humaine, dans les coins et recoins du pays, valait son pesant d’or, parce que le message a circulé à travers le monde entier, principalement, si pas singulièrement, dans les grands salons décisionnels du monde. L’Union africaine, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique et finalement les Nations Unies. C’est pour que ces instances tirent les conclusions qui s’imposent. Mais, la question, c’est aussi de savoir si les cerveaux pensants, les mécènes ou autres exploitants illicites dans ce cas, ainsi que leurs exécutants ont compris le ras-le-bol exprimé par les Congolais, face à la guerre injuste et injustifiée leur imposée, simplement du fait de disposer d’un pays doté des minerais prisés à travers le monde. Loin de s’arrêter en si bon chemin, les Evêques entendent élargir leurs champs d’actions. Sont envisagés d’ores et déjà, la descente dans la partie Est. C’est pour la remise de la collecte, fruit des offrandes recueillies lors de la messe du 1er août, aux populations victimes de la guerre et autres actes barbares auxquels l’on assimile la violence, le viol, les tortures et les tueries. Parallèlement, une délégation des Prélats se rendra au siège des Nations Unies pour un plaidoyer en faveur de la fin de la guerre dans la partie Est de la République. Si la marche a reçu la bénédiction des pouvoirs publics, c’est la suite qui importe. D’abord au niveau des chrétiens, pour ne pas parler de la population, le même rythme de pression doit se faire sentir, si pas s’accentuer pour maintenir allumer la flamme de la protestation, de sorte que les Nations Unies et d’autres instances internationales intéressées par ce différend, arrivent à prendre rapidement une résolution pour l’Est du pays. Ne pas agir dans ce sens donnerait libre court à certaines langues malicieuses de soutenir qu’il s’est agi simplement d’une mobilisation de façade, sans forte conviction pour la population. Et comme tel, l’on s’en passerait et soutiendrait que les Congolais ne sont pas unis. Ensuite, c’est qu’il faut impérativement faire pression au Rwanda pour qu’il cesse d’apporter tout soutien avéré ou supposé aux M23. C’est ici que la RDC se doit, parallèlement aux actions des Evêques, de mener une diplomatie agressive et agissante. Enfin, c’est la recherche du résultat qui doit préoccuper tous. Celui-ci ne s’entend qu’en terme de fin de la guerre et du retrait des troupes, si pas de l’arrêt de tout soutien ou appuis militaire du Rwanda aux mutins. La conjugaison de ces éléments conduirait inexorablement à l’atténuation des souffrances avec la fin de la guerre.
Ghislain Lubula
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