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Elections : Pas si tôt !
Kinshasa, le 17/07/2012
Les prétendus candidats aux élections provinciales, urbaines, municipales et locales, dont les ambitions avaient été clairement affichées, doivent refaire leur calcul. Non pas qu’ils sont à cours d’argent ou qu’ils sont confrontés à une nouvelle exigence pécuniaire. C’est suite aux 9 recommandations adoptées par l’Assemblée Nationale, après évaluation du processus électoral en République Démocratique du Congo. Les unes vont dans le sens de réviser la loi sur l’organisation et le fonctionnement de la CENI, l’audit de cette institution par la Cour de Comptes, la révision de la loi électorale, l’adoption des annexes de la loi électorale sur la répartition des sièges ainsi que la révision de la loi portant statut de l’Opposition. Les autres portent sur la sécurisation du processus électoral par le Gouvernement et l’organisation du recensement de la population congolaise. Les autres encore portent sur la suspension du calendrier desdites élections et l’organisation des élections législatives dans les circonscriptions où le scrutin a été annulé. A tout bien considérer, dire que les élections au niveau provincial ne sont pas pour si tôt ne relève pas d’une chimère. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) voit ses mains liées dans la panoplie de ces recommandations. Alors, qui tient véritablement les manettes de commande ? Curieusement, c’est singulièrement l’Assemblée Nationale, elle-même, et le Gouvernement de la République, par ricochet. La première institution et son Président, Aubin Minaku, sont entrain de clôturer la session extraordinaire. Puis, ce sont les vacances parlementaires. Au retour, à la session de septembre, essentiellement budgétaire, le Premier Ministre Matata Ponyo a laissé entendre, par la bouche du Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Daniel Mukoko, que le Gouvernement va devoir se conformer aux prescrits légaux, en déposant à temps son budget, cette fois-ci, exercice 2013. L’on connaît bien comment les choses se passent à l’hémicycle. Par moment ça lasse, avec des débats souvent connotés. A moins d’un coup de fouet, ce qui n’arrive pas le plus régulièrement possible. Les Députés traînent allégrement les pieds, souvent pour des raisons qu’ils sont seuls à pouvoir connaître et comprendre, surtout lorsqu’il s’agit de l’adoption d’une loi organique. Encore que celle-ci porte organisation et fonctionnement de la CENI. Cela suppose qu’elle débouche inévitablement sur la refonte de la CENI, avec toutes les conséquences attendues : lutte de repositionnement, défense des intérêts du groupe (majorité-opposition et société civile), mise en place du nouveau bureau, répartition des tâches, élaboration du nouveau calendrier etc. Le deuxième, c’est bien le Gouvernement. Son rôle ici, est de mettre en œuvre les recommandations issues de la chambre basse. Y parviendra-t-il sans heurter certaines consciences ni marcher sur ses propres œufs ? Sont là des faits qui prouvent indubitablement que les élections ne sont pas pour si tôt. Ainsi donc, Aubin Minaku et Matata Ponyo sont appelés à prouver de quoi ils sont capables. L’avenir de la RDC en dépend.
Ghislain Lubula
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