|
MOBILISONS-NOUS !
Kinshasa, le 09/07/2012
La situation de crise qui prévaut dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, avec les affrontements survenus dans une partie de Rutshuru, a retenu singulièrement l’attention de la réunion extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense. Il en est de même du Conseil des Ministres. Ainsi, au regard du bilan enregistré, que ce soit du côté des FARDC que des soldats de la Monusco où il y a eu des blessés et des morts, le Gouvernement a arrêté un train de mesures, parmi lesquelles, l’exigence du retrait pure et simple des troupes étrangères du territoire nationale. Une autre porte sur l’appel à tous les Congolais à vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Une autre encore est relative à la mobilisation nationale, pour ne pas donner accès à l’ennemi de poursuivre ses velléités bellicistes dans le but de semer la désolation dans le chef des populations civiles. La mobilisation, oui, elle vaut son pesant d’or parce que le dossier à l’Est du pays semble être comme un tabou, au point que les gens s’interdisent d’en parler ; considérant que c’est une question qui intéresse exclusivement le Gouvernement et l’armée nationale congolaise. C’est non sans raison d’ailleurs, parce qu’il n’y a pas longtemps, une action similaire, conduite par l’Honorable Clément Kanku, avait été étouffée dans l’œuf ; ce qui laissait penser que c’est une affaire gouvernementale. Mobilisation, c’est le mot qui convient aussi, de part le temps où la population, surtout celle de Kinshasa,vit au quotidien comme dans une sorte de frustration, de dégoût ou de lassitude suite à certaines mesures, pourtant salutaires, prises par le Gouvernement pour maintenir la salubrité dans la ville. Mais, suffit-il de parler mobilisation pour que, par une baguette magique, l’ensemble de la population vienne à adhérer à ce paradigme ? Que faut-il faire en ce moment où le Gouvernement sait pertinemment bien que la citoyenneté n’est pas encore encrée dans le fondamental des congolais ? La première étape, semble-t-il, est de pouvoir suffisamment expliquer le dossier de l’Est de façon claire et précisé à l’opinion nationale. Ici, le Gouverneur Julien Paluku, dans une mise au point face à ce l’on parle de prétendue coopération avec les FDLR, tente de brosser quelques actions posées dans le but du maintien de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs. En outre, permettre que des débats soient organisés librement sur les tenants et aboutissants de ce sujet. Au-delà de cette campagne d’explication, viendra un vaste programme où des actions concrètes de soutien devront s’en suivre. La mobilisation doit s’étendre à quelques niveaux : matériel, financier, humain… C’est là aussi un casus pour le Gouvernement. Pour la population, c’est le résultat qui compte et non les jérémiades.
La Pros.
Ghislain Lubula
|