*Députés nommés, Députés gommés, crise de légitimité, irrégularités, gestion des fonds,…toutes ces préoccupations et tant d’autres des Honorables Députés soulevées à la suite de la présentation du rapport sur l’évaluation à mi-parcours du processus électoral ont trouvé leur réponse, à la plénière de ce lundi 2 juillet 2012 à l’Assemblée Nationale, lors de la réplique du leadership de la CENI représenté par Ngoy Mulunda et Djoli Esengekeli, respectivement, Président et Vice-Président de la Centrale électorale. Pour ces deux personnalités, les imperfections constatées sont la somme des difficultés politiques dont l’absence de consensus sur la nature et la conduite de la démocratie électorale, des contraintes et défis logistiques, financiers et même législatifs, le recrutement du personnel et leur formation et surtout, la contrainte liée au respect du délai constitutionnel. Le leadership de la CENI a, à l’occasion, et de façon solennelle, rassuré la représentation nationale qu’il n’y a donc jamais eu une volonté collective, délibérée au Bureau de tricher ou de frauder comme d’aucuns le clament, de nommer ou de gommer quiconque. Des fraudes ont été décelées et sanctionnées à l’interne ou par le judiciaire. Après toutes ces précisions, le rapport présenté par Daniel Ngoy Mulunda et Jacques Djoli a été déclaré recevable. Pour nombre d’analystes, le rapport d’évaluation à mi-parcours du processus électoral ayant été jugé recevable par la majorité de Députés, la Représentation Nationale vient de donner, ainsi, un feu vert à Ngoy Mulunda et à son équipe pour la suite du processus électoral. Sinon, le contraire aurait voulu qu’on rejette ce rapport, et que la machine de la révision de la loi n°10/013 du 28 juillet 2010 soit mise en branle ; de même que la loi électorale. C’est visiblement une page tournée.
Le Révérend Docteur Daniel Ngoy Mulunda et le Professeur Jacques Djoli Esengekeli, respectivement, Président et Vice- Président de la CENI ont répondu, ce lundi 2 juillet 2012, aux questions des Honorables Députés à la suite du rapport portant évaluation à mi-parcours du processus électoral 2011-2013. ‘‘Élections de la honte, élections chaotiques, Députés nommés, Députés gommés, crise de légitimité, le Bureau a failli, le Bureau a trahi, …Ils doivent tous démissionner’’, etc., toutes ces préoccupations ont trouvé leur réponse.
Pour Daniel Ngoy Mulunda et Jacques Djoli, ces questions avaient autant de pertinence qu’elles ont été claironnées urbi et orbi par deux missions d’observations internationales, relayées par des structures –relais locales, les ONG, les églises et, voire les partis politiques. Et, donc pour le leadership de la CENI, lorsqu’on fait état des irrégularités, on peut laisser croire qu’au sein du Bureau de cette institution, en tant qu’organe collégial, il a existé un plan, un mécanisme ou un arrangement sur fond de corruption pour torpiller volontairement le processus électoral au profit d’un candidat ou d’un groupe politique donné ou inverser les résultats d’un candidat au profit d’un autre.
Et, pourtant, ont fait savoir les deux responsables précités de la Centrale Electorale, il y a lieu de dire que sur les 22 recommandations de la Mission d’Observation de l’Union Européenne, sept seulement concernent la CENI, dont trois sur l’audit et la révision du fichier électoral, une recommandation sur le respect des délais d’affichage et de publication de la cartographie et des listes électorales, une autre recommandation sur la simplification du bulletin de vote pour les élections législatives. Et, enfin, une recommandation sur l’abolition des listes d’omis et l’affichage des résultats au niveau des bureaux de vote. Sur ce point, les équipes de la CENI ont été mises en œuvre à la suite de l’atelier d’évaluation pour prendre en compte ces préoccupations dans le cadre des élections à venir. Mais, encore qu’ici, il s’agit de problèmes qui se sont posés en 2006 et qui exigent une approche globale en termes de moyens, de temps et de l’environnement administratif.
Des imperfections
Il y a eu des imperfections, des irrégularités, reconnues même au plus haut niveau de l’État, a fait savoir le Vice-président de la CENI. Et d’ajouter que : ‘‘ Ce rapport que nous venons de vous présenter ce jour montre bien que ces imperfections sont la somme des difficultés politiques : l’absence de consensus sur la nature et la conduite de notre démocratie électorale, des contraintes et défis logistiques, financiers et même législatifs ,le recrutement du personnel et leur formation et surtout la contrainte liée au respect du délai constitutionnel qui ont été à l’origine de certains problèmes que du reste nous-mêmes avions reconnus lors de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle. Le temps a été un facteur déstructurant de ces élections’’.
Le leadership de la CENI a, à l’occasion, et de façon solennelle, rassuré la représentation nationale qu’il n’y a donc jamais eu une volonté collective, délibérée au Bureau de tricher ou de frauder comme d’aucuns le clament, de nommer ou de gommer quiconque. Des fraudes ont été décelées et sanctionnées à l’interne ou par le judiciaire.
Le rapport jugé recevable
Après donc le débat, le rapport sur l’évaluation du processus électoral a été déclaré recevable par la plénière de l’Assemblée Nationale, aux termes des explications fournies par Ngoy Mulunda et Djoli Esengekeli aux préoccupations des Honorables Députés.
Le Bureau de la CENI divise
Il faut dire que l’ambiance était à la surchauffe à la Représentation nationale, la société civile s’étant mobilisée comme jamais auparavant lors d’une plénière. Les avis étaient visiblement partagés quant au maintien ou non de l’actuelle équipe dirigeante de la CENI.
A l’opposition, il n’y a pas mille manières de répondre à cette question. Le Bureau de la CENI doit démissionner, a déclaré l’élu de la Funa/Kinshasa, l’Honorable Olongo Basile. Ce, pour ‘‘avoir proclamé de faux résultats, avoir mal géré le fonds mis à sa disposition pour pouvoir organiser les élections, avoir commandé plus de bulletins que prévus pour pouvoir planifier une certaine tricherie…’’
A la majorité, on pense plutôt le contraire. Pour l’Honorable Masela Kiluty Ezury, il existe beaucoup trop de facteurs qui plaident en faveur du maintien du Bureau de la CENI et ce, ‘‘par rapport au temps, au nombre de candidats, onze pour la présidentielle et plus de dix huit mille pour les législatives. Malgré cela, il fallait que la CENI organise nécessairement les élections. Si ces élections n’étaient pas organisées, on aurait un problème de légitimité du pouvoir accentué, plus qu’aujourd’hui’’.
Quant au Président de la Chambre basse du Parlement, l’Honorable Minaku Ndjalandjoko, il a assuré que son bureau tâchera, suite aux préoccupations des uns et des autres, de formuler des recommandations à l’endroit de la CENI dans les jours qui viennent, certainement pour améliorer la qualité du travail accompli par cette institution.
Feu vert pour Ngoy Mulunda
Pour nombre d’analystes, le rapport d’évaluation à mi-parcours du processus électoral ayant été jugé recevable par la majorité de Députés, la Représentation Nationale vient de donner ainsi un feu vert à Ngoy Mulunda et à son équipe pour la suite du processus électoral. Sinon, le contraire aurait voulu qu’on rejette ce rapport, et que la machine de la révision de la loi n°10/013 du 28 juillet 2010 soit mise en branle ; de même que la loi électorale.
En attendant de se faire une idée sur les recommandations, le Bureau de la CENI devra déjà se mettre au travail avec, à la clé, l’enregistrement, d’ici peu, des candidatures à la Députation provinciale.
La Pros.
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