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La mayonnaise refuse de prendre !
Kinshasa, le 29/06/2012
La désignation d’un porte-parole de l’opposition politique congolaise parait de plus en plus illusoire. Le mercredi 27 juin dernier, les partis politiques de l’opposition parlementaire et non parlementaire, réunis au sein de la plate forme Forces Acquises au Changement (Fac) se sont retirés de ce processus. Cette plate forme qui, pourtant, soutenait la candidature du Député élu de l’Udps, Samy Badibanga, justifie ce désengagement en ce qu’elle considère comme ingérence de la Majorité Présidentielle dans l’affaire. Particulièrement, les membres des FAC pointent du doigt le Président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku qui veut, disent-ils, imposer à l’opposition un porte-parole. Le même désengagement a été également exprimé par le groupe parlementaire UDPS/FAC. Selon ces élus, cette décision est aussi une façon de ne pas s’engager dans un schéma qui soit de nature à concurrencer le leadership d’Etienne Tshisekedi. Ce dernier a signé, le 21 juin dernier, une décision portant déchéance de son Conseiller Spécial qui n’est rien d’autre que Samy Badibanga, qui briguait le poste au nom de l’Udps, première force politique de l’Opposition. Ce, malgré le fait que le Lider Maximo a jeté du leste à l’Assemblée nationale et exclus ses ouailles s’interdisant de se plier au mot d’ordre.
Mais, il est, à la limite, hasardeux de penser que le malheur de Samy Badibanga fait automatiquement le bonheur de Vital Kamerhe, autre candidat porte-parole déclaré. En effet, le Président de l’Union pour la Nation Congolaise n’inspire pas du tout confiance à la majorité de ses pairs. Même certains qui s’étaient déclarés en sa faveur ont tourné la veste. Entre certains groupes parlementaires de l’Opposition, apprend-on, des négociations sont en cours afin de dégager un consensus sur un candidat autre que Vital Kamerhe. Les Libéraux Démocrates Chrétiens (LDC), plate forme dirigée par Antipas Mbusa Nyamwisi et dont l’UFC de Léon Kengo wa Dondo est partie intégrante, serait dans une logique ‘’TSK (tout sauf Kamerhe). Un de leur, José Makila défend un schéma selon lequel le porte–parole de l’Opposition doit être un ressortissant du Centre ou de l’Ouest du pays, coins considérés comme bastion de l’opposition. « Si le pouvoir qui nous dirige tire essentiellement sa légitimité de l’Est, il est aussi évident que l’Opposition soit représentée par le Centre et l’Ouest. Confier également la direction de l’Opposition à un ressortissant de l’Est serait un non-sens », a déclaré le Président de l’ATD, dans un entretien avec Africa News. Cette abstraction faite à l’ancien Secrétaire Général du PPRD, originaire de l’Est du pays, vient de celui qui, il y peu, a défendu, bec et ongles, sa candidature. Inutile de soulever un air d’étonnement. Ce type de retournement de veste ne tue pas chez l’homme politique congolais. Dynamisme de la politique oblige. Les autres opposants voient de cette candidature de VK, une détermination de mettre ce poste au service de ses ambitions présidentielles. Le groupe parlementaire MLC ne serait pas loin de cette thèse.
Comme on peut si bien le remarquer, la majorité des opposants fait volontiers feu de tout bois pour que le poste de porte-parole reste vacant. Les membres de cette famille élargie sont, en effet, plus proches de récidiver les cinq années blanches de la dernière législative que de remplir cette tâche, du reste constitutionnelle. Pas de Badibanga, pas de Kamerhe, pas de… et donc, oui le vide. La mayonnaise refuse, une fois de plus, de prendre.
La Pros.
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