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La situation humanitaire se dégrade à l’Est
Rutshuru : Le choléra sévit à Rwanguba
Kinshasa, le 27/06/2012
La situation sécuritaire va de mal en pis, à l’Est de la RDC. Au jour le jour, non seulement que les bruits de bottes s’intensifient, mais des combats sont signalés entre les mutins de M23 et les FARDC. Pendant ce temps, les populations, sans défense, sont livrées en proie à des forces négatives qui sèment terreur et désolation. D’énormes pertes en vies humaines sont enregistrées avec, comme effet corollaire, une dégradation sans précédent de la situation humanitaire. Des épidémies se sont déclarées dans la région. Des morts s’en sont suivies. Des humanitaires présents dans la Zone s’activent à enrayer ces épidémies, notamment la Choléra qui vient d’éclater à Rwanguba, dans la région de Rutshuru, au Nord-Kivu. Pour sa part, le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders accuse Ntaganda et ses hommes d’être à la base de cette situation alarmante.
Exaspérées par les affrontements entre les mutins et les forces loyalistes, les populations de l’Est de la RDC sont butées à un nouveau problème d’ordre sanitaire et humanitaire. Il s’agit du Choléra. L’épidémie sévit à Rwanguba, dans la région de Rutshuru où vivent des milliers des déplacés ayant fui les combats. Déjà, l’on a enregistré plus 150 cas. Une situation qui inquiète les humanitaires. Merlin, Solidarité, Médecins sans frontières, Caritas, IRC, World Vision, CICR s’activent à répondre de la manière la plus urgente aux besoins des populations. Déjà, MSF, Solidarité et Merlin travaillent de concert avec le Ministère de la Santé pour apporter une réponse sanitaire rapide pour empêcher que cette épidémie ne devienne dévastatrice. Des efforts se multiplient pour éviter une nouvelle catastrophe humanitaire due au choléra.
Les humanitaires au chevet des déplacés
Contrairement à une nouvelle répandue sur la toile, les humanitaires n’ont pas fui les zones de conflits. Aucune agence n’a quitté le Nord-Kivu moins encore la région de Rutshuru. Ils continuent à être au chevet des populations déplacées. Depuis quelques jours, ils travaillent d’arrache-pied à enrayer une épidémie de Choléra à Rwanguba. Le Coordinateur humanitaire des Nations Unies, Ocha confirme que le travail des ONG et des agences du système de l’ONU n’a jamais été interrompu. « Lorsque la situation devient critique, les ONG n’ont pas pour habitude de déserter le terrain », a confié un humanitaire. Cette affirmation vient dissiper les inquiétudes du Gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku. Ce dernier avait exprimé son inquiétude sur les antennes de la Radio France Internationale, au sujet du départ des ONG de la région de Rutshuru. Il fustigeait, par ailleurs, un possible abandon des populations à leur propre et triste sort.
Didier Reynders accuse Ntaganda et ses hommes
Réunis le lundi 26 juin dernier à Luxembourg, à l’initiative du Chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, les Ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union Européenne ont condamné la mutinerie et la reprise des combats dans la province du Nord-Kivu, avant de souligner qu’ils sont préoccupés par l’aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans cette partie de la RDC. L’Union européenne (UE) a également appelé tous les pays de la région à coopérer activement avec les autorités congolaises à démobiliser le groupe M23 et tous les autres groupes armés. Pour sa part, Didier Reynders s’est déclaré satisfait d’avoir porté à l’attention du Conseil des Affaires étrangères de l’UE la question relative à la détérioration de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC. Selon lui, la haute représentante pour la politique étrangère de l’UE, Catherine Ashton, a reconnu, lundi dernier, dans son introduction l’extrême importance de la question. « Tous les responsables de violations doivent être traduits en justice. L’impunité est inacceptable. En RDC comme ailleurs, elle peut être contrée par des instruments juridiques divers », a souligné le chef de la diplomatie belge.
Laetitia Mbuyi
La Pros.
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