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Le sursaut !
Kinshasa, le 25/06/2012
C’est plus qu’alarmant. Cette crise sécuritaire qui refait surface à l’Est de la RD-Congo. En effet, tous les éléments sécuritaires, juridiques, diplomatiques, l’attestent clairement. Des conclusions tirées de plusieurs enquêtes menées indiquent qu’une nouvelle guerre d’agression est signalée. Dans la manivelle : le Rwanda, encore et toujours ce pays voisin. Depuis la résurgence de cette crise, plusieurs filières de recrutement des forces négatives opérant dans cette région du territoire RD-Congolais ont été décelées au Rwanda. Les Nations Unies furent les premières à dénoncer ce jeu. Elles ont été relayées par une enquête du Gouvernement congolais qui a abouti à la même conclusion. Les preuves n’ont donc pas manqués. Le 20 mai, en provenance du front de Runyonyi, onze éléments de nationalité rwandaise ont été repérés et saisis dans les rangs des mutins du M23. Ils sont actuellement aux mains de la Monusco. Le 23 mai, l’équipe d’enquête conjointe Rwanda-RDC a même certifié ces faits. Mais, au moment d’apposer la signature sur le Procès-verbal, la partie rwandaise a sollicité une suspension, en promettant d’y revenir. Le 10 juin 2012, de retour de Kigali, l’avis a été tout autre. La partie rwandaise a estimé qu’il revenait aux autorités de deux pays de signer ledit document. A la fin de la corde, seule, la partie congolaise et la Monusco ont apposé leur signature sur le PV de carence. Sans se lancer dans une démarche tendant à établir la responsabilité, déjà avérée, du Rwanda dans le soutien aux mutins du M23, cette énième preuve illustre que la manœuvre, peaufinée depuis longtemps, par Kigali dont l’injustifiable obsession est de continuer à casser du sucre derrière le dos de Kinshasa. Aux diverses preuves, s’ajoutent les témoignages des éléments capturés. Cela dit, point n’est besoin de tourner autour du pot pour affirmer que le Rwanda sert de base arrière à toutes les opérations des mutins du M23 et ne veut pas lâcher prise. Le tout feu tout flamme déclaration de Paul Kagame, la semaine dernière a plus qu’éclairer. La prestation médiatique du Président rwandais qui a continué de nier toute allégation portée contre son pays, inspire à dire que le Rwanda ne veut renoncer à cette agression. C’est ni plus ni moins qu’une fuite en avant de celui se croit permis de narguer tout un peuple et ce, pendant des années. Le feuilleton de 1998 a ressurgi, peut déduire tout esprit averti. Mais, il en faudrait dire assez ! Toutefois, il n’en sera toujours pas ainsi. Un sursaut nationaliste des congolais changera un jour la donne. Ce jour viendra et il viendra certainement.
Qu’à cela ne tienne, il revient maintenant au Gouvernement congolais de signer le sursaut. Sa récente plainte déposée au Nations Unies en est un premier bon réflexe. Mais, dans l’entre temps, c’est la population civile qui continue à payer le lourd tribut. Car, la bande à Bosco Ntanganda, gâtée en munition et en hommes, n’est qu’au début de son appétit. Présentement, neuf villages sont privés d’eau potable, à Bunagana, par ces rebelles qui se sont donnés à cœur joie pour couper la tuyauterie. Une catastrophe humanitaire signée Bosco Ntangada et dont on doit prévenir les suivantes.
Ainsi qu’on peut à présent apprécier la situation, en mouvement avec la démarche diplomatique, Kinshasa doit lâcher ses chevaux sur toutes les lignes. La sécurité des congolaises et congolais qui se trouvent dans ces foyers de tension est l’urgence des urgences.
Socrate Nsimba
Socrate Nsimba
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