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Des billets qui divisent !
Kinshasa, le 11/06/2012
Un nouvel air est en entrain de souffler dans la sphère économique congolaise. Dans quasiment 20 jours, l’espace monétaire R.D. congolais va être occupé par des nouvelles coupures de 1000, 5000, 10.000 et, un peu plus tard, 20.000 Francs congolais. Après avoir observé l’aggravation de la dollarisation de l’économie, la déformation du processus de détermination des prix des biens et services ainsi que la réduction de l’éventail fiduciaire de la monnaie nationale, il était vraiment temps pour que la Banque Centrale du Congo (BCC), vienne calmer le jeu.
Le Gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu Mulongo, ne veut laisser aucune opportunité aux pécheurs en eaux troubles, qui commencent déjà à jeter la stupeur dans le chef de la population, en prédisant des flambées des prix sur le marché. « Je veux tout faire pour garantir le cadre macroéconomique », a-t-il déclaré, devant la presse. L’Autorité monétaire de la République Démocratique du Congo s’est livrée à cet exercice le vendredi, 8 juin dernier, dans la salle de réunion de l’Institut d’émission. En dépit de l’assurance dont le numéro Un de la BCC fait montre, il y a lieu, quand même, de relever certaines craintes exprimées dans l’opinion. Et ces inquiétudes sont tellement partagées aussi bien par une bonne partie de la population que des économistes de renom. Pour le commun de mortel, l’injection de ces nouveaux billets provoquerait des soubresauts économiques. Donc un risque de voir l’inflation galopée. Alors que certains économistes trouvent cette décision salutaire. Du point de vue financier, la BCC a l’obligation d’émettre des nouveaux billets. Lorsque les billets s’usent, il faut les remplacer d’une part, et d’autre part, l’économie du pays croît. Cependant, s’il faut jeter un regard panoramique sur la situation économique en RD Congo, l’on constate avec émoi que la venue d’une nouvelle coupure, ayant une valeur faciale supérieure à celles qui existent, fait disparaître automatiquement les coupures qui ont la moindre valeur faciale. C’est au fait là que se trouve le nœud gordien du problème. Le peuple a été lui-même témoin de la disparition des tous les centimes et les billets d’un Franc, 5 Francs et de 20 Francs congolais, lors de l’injection de billets de 200 Francs et 500 francs. Et maintenant que le 02 juillet 2012, la Banque Centrale va mettre en circulation ses très gros billets de 1000, 5000, 10.000 et 20.000 Francs congolais, l’opinion publique médite déjà sur le sort de pauvres billets de 50 Francs et 100 francs qui, du reste, sont difficilement trouvables en circulation. De ce fait, les conséquences enregistrées, jusque-là, jètent le doute sur une éventuelle maîtrise du cadre macroéconomique dont on a vu être secoué par la même logique des faits. Une autre question, c’est que la monnaie locale doit avoir un caractère national. Pourtant, il est difficile de retrouver les billets du Franc congolais dans certains territoires du Congo. S’il faut se balader dans les Kivu profonds, on se rendrait compte que si ce n’est pas le « tout puissant » dollar américain, c’est le Schilling ougandais qui bas son plein. Ou encore, les Francs rwandais et burundais qui assurent les transactions. Si ces exemples paraissent excessifs et lointains, l’on pourra même évoquer la proximité. Il suffit simplement de faire un tour au Beach Ngobila pour se rendre compte de l’effectivité de l’emprise de monnaies étrangères sur le Franc congolais. Puisque de 1998 à 2001, la valeur faciale la plus élevée était le 100 Francs Congolais et la venue de 200 et 500 Francs ont donné la mort à des coupures de 10 Francs et 20 francs. Qu’est-ce qui garantit la survie des 50 Francs et autres petites coupures ? Attention au phénomène « Mukomboso » ! Qui vivra verra…
La Pros.
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