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Porte-parole de l’Opposition : Jour J-11 !
Kinshasa, le 30/05/2012
C’est en principe le 10 juin prochain, au plus tard, que l’opposition politique congolaise devra désigner son porte-parole. Ce, conformément aux lois de la République. En effet, selon l’article 19 de la loi portant statut de l’opposition politique, il est stipulé ce qui suit : ‘‘le porte-parole est désigné par consensus, à défaut, par vote au scrutin majoritaire à deux tours dans le mois qui suit l’investiture du Gouvernement par les Députés nationaux et Sénateurs de l’opposition politique’’. Or, le Gouvernement Matata ayant été investi le 9 mai dernier, les Bureaux de deux Chambres du Parlement devraient, de commun accord, fixer la date de la réunion devant plébisciter ce porte-parole d’ici le 10 juin 2012.
Pendant que d’aucuns craignent le remake de la législature 2006-2011 où l’opposition n’a pu trouver un compromis à cause, certes, soutiennent certaines langues, de l’intransigeance du MLC, première force politique de l’opposition d’alors, de ne laisser cette place qu’au Sénateur Jean-Pierre Bemba ; d’autres pensent que cette fois-ci sera la bonne. Pourvu que le pouvoir, mieux la majorité qui a un mot à dire dans la convocation de cette réunion des Députés et Sénateurs de l’Opposition, par l’entremise des Bureaux des Chambres, ne puisse jeter les peaux de banane sur ce chemin de la désignation du porte-parole de l’Opposition. Car, pour une certaine opinion proche de l’opposition, le pouvoir a été pour beaucoup dans la non désignation du porte-parole de l’opposition tout au long de la législature passée, même si au niveau de cette opposition, le désaccord était patent.
Toutefois, 2006 est différent de 2012. Les rapports des forces ayant été complètement bouleversés avec l’entrée en lice de l’Udps d’Etienne Tshisekedi et de l’Unc de Kamerhe Vital, les choses vont se passer autrement.
L’Udps étant devenue la première force politique de l’opposition à la Chambre basse du parlement devra, logiquement, avoir droit au chapitre. Même s’il va falloir que la fille aînée de l’opposition négocie sagement ce virage. Car, à défaut d’un consensus, il va falloir passer au vote avec, à la clé, un scrutin majoritaire à deux tours.
Seulement, il n’y aura pas que le poids politique ou encore le charisme qui va primer dans ce choix. D’autres critères vont entrer en lice. Et, le plus cité en ce moment est le critère de la géopolitique. La Présidence de la République, la Primature étant à l’Est, tandis que le Parlement, les deux Chambres, étant dirigé par l’Ouest, des voix s’élèvent pour soutenir que pour raison d’équilibre, le poste de porte-parole de l’opposition devra revenir au Centre du pays. L’Udps étant la première force, devra proposer un ressortissant de l’espace ‘‘Grand Kasaï’’. Aussi, Etienne Tshisekedi étant le leader incontesté de l’opposition, il va falloir que cette famille politique trouve un porte-parole, un serviteur des autres. C’est ainsi que, des plus en plus, le nom de l’Honorable Samy Badibanga est cité. Elu avec brio dans la circonscription électorale de Mont- Amba, ce ressortissant du Grand Kasaï a été à la première ligne du front lors de la campagne d’Etienne Tshisekedi, avec le célèbre slogan ‘‘le Peuple d’abord’’. Ce conseiller du lider maximo est connu pour sa tempérance, le sens du compromis et surtout rassembleur, disent ceux qui les côtoient et veulent le voir à ce poste de porte-parole.
Donc pour ses pairs, Badibanga Samy réunit toutes les conditions d’être ce serviteur des autres dans la recherche de l’équilibre entre une majorité écrasante qui, sans cesse, est tentée par les excès et une opposition minoritaire mais qui peut calmer les ardeurs de la majorité si et seulement si elle fait bloc.
D’où la nécessité des uns et des autres d’ouvrir déjà les pourparlers. L’Udps qui a, avec elle, les autres forces du changement au sein de son groupe parlementaire, devra ratisser large pour qu’en cas d’absence de consensus, que le vote lui soit bénéfique. Néanmoins, l’idéal serait que le consensus triomphe, en lieu et place du vote. Ceci pour éviter qu’il y ait d’un côté les vainqueurs et, de l’autre, les vaincus.
La Pros.
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