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C’est parti !
Kinshasa, le 30/04/2012
Ça y est. Toutes les institutions de la République affichent désormais complet. Le samedi 28 avril dernier, le Gouvernement Matata est, enfin, arrivé. Dans sa composition, bien plein de nouveaux visages. Seulement six membres de l’ancienne équipe ont été maintenus. Il s’agit de Raymond Tshibanda (Affaires Etrangères, Coopération Internationale et Francophonie), Richard Muyej (l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation), Lambert Mende (Médias, Relations avec le Parlement et l’Initiation à la nouvelle citoyenneté), Justin Kalumba (Transports et Voies de communication), Martin Kabuelulu (Mines), Fridolin Kassweshi (Aménagement du territoire, Urbanisme, Habitat, T/P) et Maker Mwangu (EPSP). Par ailleurs, il y a bien eu des surprises qui ont enchanté ou déchanté. Le côté reluisant, c’est bien évidemment la taille des ministères qui a été diminuée. Par rapport au Gouvernement Muzito qui frôlait une cinquantaine de membres, cette nouvelle composition de l’exécutif national n’a eu besoin que de trente et six têtes (2 Vice- premiers Ministres, 26 ministres et 8 Vice-ministres). C’est vrai, il faut le dire, aucune ambition allant dans le sens de résoudre les différents problèmes de la population n’a justifié l’existence d’une tonne de ministères si ce n’est la corde au coup, pour l’ancien formateur, de satisfaire les alliances électorales. La présence des chefs des partis en dit long. On a assisté à un éclatement superflu des ministères avec comme conséquence, l’augmentation des dépenses de l’Etat pour les frais de fonctionnement. Des ressources qui pouvaient être virées dans les besoins sociaux de base. Dans un contexte économique très difficile, embrassé d’un budget national de misère, en quoi était-il nécessaire de séparer, par exemple, le ministère de la Communication et des Médias à celui des Relations avec le Parlement ; Justice et les Droits Humains; Economie et Commerce ; Environnement et Tourisme ; Coopération Internationale et Affaires Etrangères, Sport et Culture ? Cette fois-ci, Augustin Matata Ponyo, fin économiste, a bien compris l’affaire en soudant les portes de ces différents portefeuilles. Chapeau bas !
Là où le montage de cette équipe gouvernementale ne peut manquer de soulever la bronca, la promesse de Joseph Kabila, lors de son discours d’investiture, n’a pas été tenue. Le Chef de l’Etat avait promis de travailler avec tout congolais ayant ‘’la passion du Congo’’. Or, comme constaté, aucune personnalité de l’Opposition politique ne fait partie de ce Gouvernement. Donc, s’il faudrait conclure objectivement ce syllogisme, du côté de l’opposition, personne n’a la passion de ce pays. Voilà, une déduction qui ne manquera pas de faire bouillonner la marmite politique. En outre, le terme ‘’Médias’’ au Ministère de Lambert Mende a fait jasé. Journaliste en Danger (JED) et Freedom For Journalisme (FFJ), deux corporations de défense des droits de la presse, n’ont pas caché leur indignation. Etant donné qu’il y a existence du CSAC, ce ministère ne serait là que pour porter ombrage, comme il a été le cas au cours du processus électoral, à cette instance des régulations des médias instituée par la Constitution. Pourtant saisi bien avant par ces organisations, Matata et Kabila en ont fait fi.
In globo, en un ou en mille mots, l’arrivée du Gouvernement Matata consacre le début effectif des activités du second quinquennat de Joseph Kabila. Après cinq mois de quasi désuétude dans les affaires de l’Etat, il était temps que la révolution de la modernité ait tous les moyens de ses ambitions.
Socrate Nsimba
La Pros.
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