|
Panique générale !
Kinshasa, le 27/04/2012
Tout semblait aller le mieux du monde à l’Assemblée Nationale depuis la validation de pouvoirs des Députés issus des élections du 28 novembre dernier. Que des déclarations de tout genre parmi les Députés, toute tendance confondue, comme si le glas avait déjà sonné et que leur situation était d’ores et déjà irrévocable. Les premiers arrêts de la Cour Suprême de Justice déclarant irrecevables ou recevables mais non fondés les requêtes de plusieurs dans le cadre des contentieux électoraux ayant été salués à juste titre. Mais, voilà que la panique générale a gagné l’Hémicycle depuis le mercredi, 25 avril 2012, dans la soirée ; au point que certains Députés, en babouches, se sont précipités pour prendre le chemin de la CSJ afin de s’enquérir exactement de leur situation. Quelle ne fut la surprise, parce que la Haute Cour s’est prononcée aussi sur les invalidations. Jean-Claude Baende, Kiziamina, Kiakumbuta, Ngoyi Mulunda Nyanga Emmanuel, Collette Tshomba, Jean-Jacques Mutuale, Michel Kabeya…, et la liste n’est pas exhaustive. Qu’on le veuille ou pas, que l’on critique ou pas, la CSJ fait son boulot. Elle invalide ceux qui n’ont pas produit les preuves massues et valide à la fois ceux des Députés qui ont eu gain de cause. Ce faisant, il n’est pas une fatalité pour les perdants. Ils doivent rentrer dans la réservé de la République, pour préparer les prochaines échéances. Chapeau donc à cette institution pour le travail abattu. Ainsi, la fraude, la tricherie, le tripatouillage ne sont pas les bienvenus à la CSJ. Celle-ci, puisqu’elle relève du pouvoir judiciaire, doit réaffirmer son indépendance vis-à-vis de l’Exécutif et du Législatif. Et, d’un pas à l’autre, la panique gagne aussi dans le camp des chefs de partis politiques où le partage de postes ministériels divise. Plusieurs sources soulignent que chaque parti politique aurait dressé une liste de 10 ministrables pour que le Premier Ministre, Formateur du Gouvernement, en fasse un choix. Si la priorité était accordée aux chefs des partis, le contexte actuel ne s’y prête pas. Les critères de probité, de moralité, de loyauté, d’expertise…, sont pris en compte. Alors, qu’adviendra-t-il ? C’est la question. Parallèlement, la formation du Gouvernement fait réfléchir. Matata Ponyo va-t-il diriger le Gouvernement ou son Gouvernement ? Aura-t-il la latitude, lui, de faire le choix des Ministres qui vont composer son Gouvernement ou va-t-il diriger un Gouvernement qu’il n’a pas formé, parce que lui imposé en fonction de certains intérêts ou encore un Gouvernement dans lequel il aura injecté ses pions ? Dans ce dernier cas, n’est-ce pas que son ascendance sera amoindrie face à des hommes ne relevant pas de son choix ? Et, s’il arrivait que l’on reconduise les mêmes, n’est-ce pas qu’il y a rupture avec la révolution de la modernité ? Par ailleurs, l’entrée en fonction des Ministres doit être précédée de la déclaration de leurs avoirs devant la CSJ et que, dans l’exercice de leurs missions, ils accélèrent la réforme de la justice, installer la Cour constitutionnelle et améliorer les conditions salariales et de travail des magistrats, surtout ceux de la Haute cour.
La Pros.
La Pros.
|