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Combler le déficit !
Kinshasa, le 25/04/2012
Bien avant que le Premier Ministre n’entre effectivement en fonction, la formation de son équipe gouvernementale toujours en attente, sa table de travail se trouve déjà inondée des matières. Non pas celles qu’il a lui-même planifiées d’exécuter dès lors qu’il aura reçu l’aval de l’Assemblée Nationale, mais des matières, dont l’importance ne fait l’ombre d’aucun doute, que certaines organisations de la société civile entendent faire valoir à tout prix, raison de mettre la RDC sur orbite en matière du respect des droits de l’homme, surtout de la liberté d’expression, partant de la liberté de la presse. Journaliste En Danger (JED), Organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse, s’est fait signalé. Dans une lettre ouverte adressée à Matata Ponyo, JED dresse une longue litanie des faits qu’il décrie durant tout son combat et invite le Premier Ministre à les scruter attentivement, pour agir en conséquence, de façon à donner une nouvelle image à son mandat. Parmi ces faits, une loi archaïque de la censure prête à interdire la diffusion d’un film documentaire sur les circonstances de l’assassinat d’un éminent défenseur des droits de l’homme ; une loi inique sur la presse datant de l’époque dite de la dictature, qui institue des peines de prison ferme à l’encontre de tout journaliste qui dénonce même les faits avérés de corruption ou de détournement des biens publics et ce, au nom de la protection de « l’honneur ou de la dignité », y compris des délinquants en cols blancs. La multiplication des cas des journalistes incarcérés pour des motifs fallacieux d’imputations dommageables et des mal jugés avec des procès. JED va loin pour faire voir au Premier Ministre qu’il a évolution en matière de régulation des médias avec la mise en place du CSAC, institution d’appui à la démocratie. D’où vient qu’il est appelé à prendre des mesures conservatoires pour suspendre les incarcérations des journalistes. Par ailleurs, JED estime qu’il n’y a plus de raisons de maintenir le Ministère de la Communication et des Médias dans la nomenclature des ministères. Ce faisant, il l’invite à donner suite à sa requête quant à cette préoccupation, adressée d’ores et déjà au Chef de l’Etat. Matata Ponyo est-il prêt à agir dans ce sens ? Tout laisse croire que l’homme qui a ciblé quatre priorités de son action, à savoir, la sécurité à l’Est, le redressement économique, la lutte contre la corruption, et la situation sociale, ne peut se passer du déficit dénoncé. Il doit plutôt le combler. Car, il sera difficile pour la presse de dénoncer les actes de corruption si les journalistes vont s’exposer à des poursuites ou autres peines d’emprisonnement. A l’heure de la révolution de la modernité, JED attend que ce paradigme soit mis effectivement en action. Ce sera la nouvelle image que Matata va imprimer dans le cadre de l’exercice de la liberté de la presse. Attendons voir.
La Pros.
La Pros.
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