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Tribune de la Presse
Matata et Grève des médecins : Kambere, Ngoyi et Badera élèvent le débat !
Kinshasa, le 23/04/2012
Marcel Ngoyi, B. Kambere et JB Badera sont intervenus, le vendredi dernier 20 avril 2012, à l’émission de la Radio Okapi intitulée Tribune de presse, pour débattre de différents sujets d’actualité.
Les trois chevaliers de la plume et du micro ont minutieusement scruté les différents sujets d’actualité qui défrayent la chronique, ce dernier temps. Deux grands sujets ont été retenus par le présentateur de l’émission, Guy Mate. Il s’agit de la nomination de Matata Ponyo au poste de Premier ministre de la dernière mandature du Chef de l’Etat Joseph Kabila. Et, la reprise du travail par les blouses blanches des hôpitaux publics, après une grève observée pendant près de deux semaines. Voilà des sujets auxquels Marcel Ngoyi, Benoît Kambere et Jean-Baptiste Badera, respectivement, Editeur du journal \"La Prospérité\", \"Les Echos de la Région des Grands Lacs\" et de Directeur de Canal Futur/Sud-Kivu.
Ils ont également survolé la question sur la clôture du séminaire d’auto-évaluation de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
A cette question, Benoît Kambere, premier à prendre la parole, a estimé que la CENI ne devait pas s’auto-évaluer parce que, soutient-il, cet organe devait d’abord faire ses mea culpa, avant de passer à l’évaluation. Bien plus, il considère que cette auto-évaluation n’a été organisée que pour répondre aux critiques de l’opinion sur le travail plein d’irrégularités de la CENI.
Marcel Ngoyi du journal « La Prospérité », lui, a planché sur les préoccupations du gouvernement qui a décidé de sanctionner les responsables des régies financières qui seraient pris la main dans le sac. Dans son analyse, le patron de La Prospérité a fustigé le fait que le gouvernement a toujours pris des mesures. Mais, ces dernières n’ont jamais été suivies de sanction. « On peut bien prendre toutes les mesures, tant que cela ne sera pas assorti des sanctions, cette décision ne vaudra rien », a-t-il indiqué.
Le décès de Théo boniface Beya
S’agissant de la mort de l’ancien journaliste de la Radio-Télévision Nationale Congolaise, Théo Boniface Kayumbi Beya, Benoît Kambere a révélé que c’était avec délectation qu’il a appris cette triste nouvelle. L’illustre disparu, a-t-il dit, était l’un des grands animateurs que la RTNC a connus, a-t-il affirmé. Pour sa part, Marcel Ngoyi a affirmé qu’il est tout à fait regrettable de constater cet exode de cerveaux qui quittent le pays, pour aller se vider ailleurs.
Et, l’infortuné, poursuit-il, va même être enseveli loin de sa terre natale.
Quant au troisième débateur, Jean-Baptiste Badera a dit que la RD. Congo vient de perdre l’un des grands journalistes animateurs.
Nomination de Matata Ponyo
Dans le vif du sujet, Benoît Kambere s’est dit ne pas être étonné de cette nomination. Il a, dans ses mots, considéré que lors du dernier voyage d’Augustin Katumba Mwanke et Augustin Matata, ils étaient en train de concocter déjà le prochain gouvernement.
Répondant à la question du défi qui attend le nouveau Premier ministre, Marcel Ngoyi a confirmé que cela n’est pas facile pour quelqu’un qui a connu les derniers instants d’un proche collaborateur du Chef de l’Etat. « Souvenez-vous que dans tous les mémos déposés auprès de l’Informateur, Charles Mwando Nsimba, un seul mot revenait, celui de voir le Président nommer un Premier ministre rassembleur ». Il faut, enchaîne t-il, que le nouveau Premier ministre puisse relever non seulement le défi de rassembler, mais d’aider aussi le Chef de l’Etat à bien gérer sa dernière mandature, constitutionnellement parlant. Pour Jean-Baptiste Badera, l’année 2010 a été déclarée l’année du social pendant que Matata Ponyo était aux commandes des Finances, mais rien n’a été fait, a-t-il fait savoir. Il a, par contre, ajouté qu’à entendre la détermination de ce nouveau locataire de la primature, il y a lieu d’espérer qu’il va mieux faire les choses.
La révolution de la modernité
Tout est parti de propos de Matata Ponyo où il a promis de se battre pour la matérialisation de la révolution de la modernité. Interrogé à cet effet, Benoît Kambere a estimé que la révolution de la modernité n’est qu’une digression. On part de cinq chantiers, dit-il, à la révolution de la modernité qui, elle, est pratiquement un concept vide de contenu. De son coté, Marcel Ngoyi s’est demandé comment un Premier ministre technocrate peut-il arriver à impulser dans un environnement où l’impunité constitue une des tares difficile à extirper ?
« Il est venu au moment où le train de vie est devenu trop exigeant. Il faut, a-t-il ajouté, « une cure d’amaigrissement », une thérapeutique de choc, pour arriver à relever tous ces défis.
Très relativiste, Jean-Baptiste Badera a plutôt dit ne pas vouloir trop le juger, mais il faut noter, ajoute t-il, c’est après 4 mois qu’il vient d’être nommé et jusque-là, il occupe encore son ancien bureau des Finances, donc on sent qu’il n’est pas trop pressé, conclut-il.
Quant au second sujet, concernant la levée, depuis le jeudi dernier, de la grève des blouses blanches par le Syndicat National des Médecins (SYNAMED). Marcel Ngoyi a fait une petite mise au point, pour signaler en passant que le gouvernement avait ordonné d’initier conjointement le décaissement de cette prime de risque. Il a, par ailleurs, fait savoir que s’il y a des grèves à répétition, c’est parce que le gouvernement fonctionne sous les régimes des crédits provisoires. Faute d’un Budget, le gouvernement agit de façon événementielle ou conjoncturelle.
A entendre Benoit Kambere, le SYNAMED n’a pas levé la grève. Il l’a plutôt suspendu, pour revenir à la table de négociations, avec le gouvernement. Depuis Bukavu, Jean-Baptiste a pensé qu’avec la grève des médecins, il serait difficile que la population vive. Si cette grève se poursuivait, imaginons ce que la population devait devenir ?
Dido Nsapu
La Pros.
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