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Un rassembleur ?
Kinshasa, le 23/04/2012
La nomination, par le Chef de l’Etat, le mercredi dernier, d’Augustin Matata Ponyo comme Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a été commentée dans toutes les langues de la RD. Congo. Ses compétences dans le secteur économique ont été présentées comme une des qualités qu’on ne peut lui contester.
Certes, les atouts de ce nouveau métronome de la machine de gestion ont réveillé, quelque peu, un espoir d’une gestion orthodoxe du trésor public. Mais, à côté d’être un fin technocrate, il y a bien à se poser des questions sur les capacités politiques du nouveau promu à gérer les divers cas qui se présenteront sur sa table. Les questions économiques ne constituant qu’une section de ce qui touche à la vie du pays, Augustin Matata Ponyo aura donc à faire valoir ses qualités subsidiaires. Lui qui était plutôt discret dans le chaudron politique. Il faudrait désormais mêler la science exacte et les sciences humaines qui appellent au relativisme. Dès lors, cet homme à la cravate rouge régulièrement posée sur une chemise blanche, possède-t-il des qualités d’un rassembleur ? Saura-t-il mettre de l’ordre dans ce zoo politique ? Ces interrogations auront certainement leurs éclaircissements au courant de ses prestations. Ce qui ne nous empêche pourtant pas à brosser quelques défis qui l’attendent.
Après les élections du 28 novembre 2011 qui ont semé les graines d’un tollé général parmi les animaux politiques congolais, Augustin Matata Ponyo est appelé à avoir les reins solides, pour gérer tous les conciliabules politiques. Ça sera peut-être l’occasion de découvrir les touches d’un négociateur. L’opposition politique continue à crier à la crise politique. L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) n’a jamais abdiqué dans sa démarche d’obtenir la reconnaissance d’une ‘’victoire électorale’’ de son président, Etienne Tshisekedi, pourtant deuxième à l’ordre de la présidentielle, selon les résultats de la Commission Electorale Nationale Electorale (CENI). Voilà un spécimen de cas susceptible d’occasionner une migraine atroce, dès l’étape de le comprendre.
Les opposants ne sont pas les mêmes à faire tourner la tête. Même au sein de la Majorité, il existe des querelles intestines qu’il faudrait que Matata Ponyo temporise. En plus, que dire du monstrueux ‘’Gouvernement parallèle ?’’. Connu pour sa rigueur dans la gestion financière, l’ex-argentier national sera-t-il capable de démanteler ce cartel invisible du grand public, mais bien opérationnel, dans l’ombre et sur terrain ? Ce sont là autant de questions qui taraudent les esprits des congolais qui attendent la concrétisation des promesses reçues du Président réélu. Joseph Kabila qui, après des critiques sur son entourage, est appelé à nettoyer les écuries d’Augias qui inondent sa cour. C’est ce qui va se vérifier, après la formation du Gouvernement. Mais, les premiers indicateurs montrent bien que le Raïs semble opter pour une nouvelle génération. Celle des jeunes qui ont su se distinguer par leur travail. Aubin Minaku, 47 ans, Président de l’Assemblée et Matata Ponyo, 48 ans, Premier Ministre. Révolution de la modernité, pourquoi pas, une révolution des hommes ?
La Pros.
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