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Désigné Premier ministre
Matata Ponyo: un choix judicieux !
Kinshasa, le 20/04/2012
Après plusieurs supputations au sein de la Majorité Présidentielle concernant le choix du Premier ministre, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila a finalement levé, dans la soirée d’avant-hier, le suspense qui planait sur cette question cruciale qui bloquait carrément le fonctionnement normal de l’appareil de l’Etat. Il a, dans une ordonnance signée le mercredi 18 avril 2012, nommé Augustin Matata Ponyo Premier ministre et Formateur du gouvernement. Ce choix, estiment certains analystes, n’est cependant pas hasardeux quand on regarde le parcours de cet argentier congolais. L’intéressé lui-même l’a dit hier, au cours d’un point de presse que le choix du chef de l’Etat a été guidé par « des valeurs cardinales basées sur la refondation de l’Etat ». Spécialiste en politiques monétaires et budgétaires, cet homme, connu pour sa rigueur dans la gestion, n’est pas un novice dans le domaine de l’économie nationale. Il a été plusieurs fois conseiller économique au ministère des Finances et membres des comités interministériels sur la même matière. Après avoir occupé la tête du Bureau Central de Coordination, BCCO, de 2003 à 2010, il entre de plein pieds au gouvernement Muzito II, le 19 février 2010, en prenant les commandes du Ministère des Finances, poste qu’il a occupé jusqu’à sa récente élévation. Cependant, d’aucuns s’interrogent sur les motivations qui auraient piloté le choix du Président de la République, Joseph Kabila Kabange en jetant son dévolu sur un outsider qui, pourtant, n’a pas bénéficié de la faveur des pronostics avancés, jusque ici, par les medias et autres férus de l’actualité politique congolaise.
Le parcours de l’homme mérite un zoom. Le nouveau Premier ministre désigné aurait certainement séduit le Chef de l’Etat par son profil d’économiste qui tombe à pic avec les difficultés d’ordre social auxquelles la République traverse ce dernier temps. Cet homme a participé à la reforme monétaire avec Faustin Birindwa. Il a été coparticipant aux reformes monétaires, particulièrement lors du lancement du Franc Congolais. Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Masangu Milongo en sait quelque chose. Le promu a été introduit dans les grands milieux de la vie économique internationale et jouit d’une grande confiance de la part des institutions de Bretton Woods (la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International). Dans le temps, il avait aussi dirigé le Programme Economique du Gouvernement, PEG I et II. C’est lui qui assure actuellement la Présidence du Caucus africain des banques centrales. Au regard de ce majestueux parcours dans le sillage économique et financier, ça ne serait pas trop penser de dire que le chef de l’Etat a trouvé, dans le chef d’Augustin Matata, le soubassement qu’il fallait pour tenter de remonter la pente, non seulement de l’économie nationale, mais également redorer l’image de la RD Congo dans l’échiquier mondial. Notamment, convaincre ces institutions de Bretton Woods qui menacent de couper les liens économiques, à revenir à la raison. Une autre chose est que Matata Ponyo a été la cheville ouvrière dans l’élaboration du Budget 2012 et à ce titre, le nouveau locataire de la Primature ne mettra pas longtemps pour aller le défendre au sein de l’hémicycle du Palais du Peuple.
Trèves des querelles intestines…
A voir les ardeurs que les vieux brisquards du sérail du Chef de l’Etat ont fait montre en ce qui concerne le choix d’un homme à la primature, l’on se demande si Joseph Kabila n’a-t-il pas voulu mettre fin aux rivalités internes sur le même poste. Car beaucoup de grosses pointures de la Majorité Présidentielle, voire même au sein du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), étaient montées sur leurs quatre chevaux pour tenter d’attirer, d’une façon ou d’une autre, la sympathie du Chef. Ce choix opéré loin de tout soupçon de l’opinion en général, intervient comme un deus ex machina en ayant sonné le glas du tapage médiatique et de coups bas qui se fomentaient entre certaines personnalités de la Majorité.
Est-ce un choix géopolitique ?
Du point de vue de la géopolitique du pays, il serait tout aussi pensable de dire que le choix de Joseph Kabila aurait été motivé par le seul souci de tenir sa promesse électorale faite à ses « oncles » de la province du Maniema. Car, au moment de son passage dans la province natale de sa mère biologique, le candidat n°3, lors de la dernière présidentielle, avait, main sur le cœur, promis aux populations de ce coin qu’une fois élu, il s’intéresserait personnellement des questions touchant le Maniema. Surtout que le perchoir de l’Assemblée nationale étant occupé par un élu de Bandundu et que l’histoire renseigne aussi qu’aucun Premier Ministre, jusque ici, n’est sorti de cette province.
Joseph Kabila n’a-il pas été nostalgique ?
Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo dit Mapon sait pertinemment bien la grandeur de la tâche qui l’attend, lui qui est aussi membre du PPRD, il ne peut qu’à ce titre bien comprendre et acheminer la vision du Chef de l’Etat et ainsi ne pas en faire ombrage. La personne que le Chef vient de choisir a pour prénom Augustin, et l’opinion se souvient de ce regrettable accident qui était intervenu le dimanche 12 février 2012 en début d’après-midi où un jet s’est écrasé à l’aéroport de Kavumu à Bukavu dans le Sud Kivu. A bord de cet appareil figuraient l’élu de Pueto, l’Honorable Augustin Katumba Muanke, l’Ambassadeur itinérant Antoine Gonda…et l’actuel Premier ministre alors Ministre des Finances au moment des faits. A cet effet, plus d’un se demandent si le choix du Président n’est-il pas nostalgique.
Défit à relever
Connu dans sa casquette de technocrate, Augustin Matata n’a cependant pas encore fait ses preuves étant que politicien capable de faire face aux problèmes qui sont réputés extra économiques. Notamment la résolution du problème du gouvernement parallèle, de grèves, et d’autres contingentements politiques. Cet homme à la cravate rouge est bien connu pour sa rigueur dans la gestion des deniers publics. Pourtant, l’on s’interroge si Augustin Matata serait-il en mesure de mettre fin à l’impunité ?
Une autre question est qu’au cours de la mission de l’Informateur, Charles Mwando Nsimba, toutes les personnalités politiques qui avaient défilé au 18ème niveau du Grand Hôtel Kinshasa où était perché le bureau du travail de ce dernier, ne maquaient une phrase au bout des lèvres. Celle de voir le Chef de l’Etat nommer un Premier ministre \"rassembleur\", à même de mettre ensemble la classe politique. C’est cela d’ailleurs, à en croire certains politiques, le plus grand défit auquel le Premier ministre doit faire face pour réussir à combiner le tandem \" technocrate\" et \" fin politicien\".
Dido Nsapu
La Pros.
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