La CENI se dessaisit !
Kinshasa, le 03/02/2012
Les rideaux sont tombés hier, jeudi 2 février 2012, au grand matin, après minuit. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a achevé le processus de publication des résultats provisoires des élections législatives du 28 novembre dernier, avec la livraison de 7 circonscriptions électorales restantes. 59 noms sont venus s’ajouter aux 432 déjà connus depuis le 27 janvier. Ce qui ramène le chiffre à un total de 491 députés nationaux qui siégeront, après la décision de la Cour Suprême de Justice, à l’hémicycle de l’Assemblée nationale congolais de la deuxième législature de la Troisième République.
La première constatation à faire est que le peuple congolais a choisi de donner à Joseph Kabila la majorité parlementaire pour mener à bien sa politique de gestion du pays. Un acte qui vient, à toute intention, réconforter la légitimité du Raïs. Cette affirmation prend son fondement dans la nouvelle configuration en terme de poids politique qui se dégage dès maintenant à la représentation nationale. Avec une souplesse ahurissante, la Majorité Présidentielle (MP) a largement damé sérieusement les pions à l’opposition. Le camp d’Aubin Minaku a engrangé, à lui seul, 341 députés. L’opposition, quand à elle, se détache loin de son adversaire avec 119 élus. Une trentaine d’élus s’identifient sur les listes d’indépendants.
Aussi, faut-il observer que l’ordre d’arriver des partis politiques a été recadré. Le PPRD n’a pas bougé de sa première place comme étant la première force politique nationale. Le PPRD aligne 63 députés nationaux. Il est suivi par un grand absent de la législature passée. Entendez, l’UDPS d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba qui a, dans son escarcelle, 42 élus. Elle détrône ainsi le Parti de Jean-Pierre Bemba, le MLC comme première force de l’opposition. Toujours présent au rendez-vous, le MSR, sans faire trop de bruits, présente 32 délégués. Le MLC est tombé de 66 députés, en 2006, à 19. Même dégringolade chez le PALU du patriarche Antoine Gisenga qui, de 34 représentants au mandat sortant, chute avec 19. L’UNC de Vital Kamerhe s’invite pour la première fois à la Chambre basse avec 18 mandatés. Président national de l’AFDC, Bahati Lukuebo a trébuché dans ces mêmes législatives, alors que son parti surprend avec 17 élus. L’ARC d’Olivier Kamitatu a obtenu 16 sièges. L’UFC de Léon Kengo wa Dondo est démystifiée pour sa première entrée au Parlement avec seulement 4 députés. A été rayé de la carte avec zéro député, le RCD/Goma d’Azarias Ruberwa, un habitué de l’espace.
Grosso modo, ces élections laissent derrières elles des leçons importantes à tirer. Le peuple a montré à ses hommes politiques que leurs ambitions se calquent sur sa décision de souverain primaire. Ceux qui se considéraient hier comme des indéboulonnable ont mordu la poussière. Certains des partis politiques ont, tout d’un coup, perdu leur poids politique. D’autres encore ont écopé d’un avertissement par la diminution sensible de leur représentation. Que vive la démocratie !
Ghislain Lubula
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