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Affaire BDM. RDC : la Monusco interpelle tous les acteurs !
Le 16/02/2017

*«Vous avez parfaitement raison d’évoquer cette situation qui a prévalu hier et avant-hier ici dans la ville de Kinshasa, et qui opposait les forces de défense et de sécurité congolaises aux éléments de la secte Bundu dia Mayala, parce qu’initialement, c’était Bundu dia Kongo, et puis ça s’est mué en parti politique.

Evidemment, les informations en notre possession sont celles qui ont été données par la Police nationale congolaise, en l’occurrence par le porte-parole de la Police nationale congolaise qui parle de 22 arrestations, des véhicules brûlés, etc. Donc, je pense que ces informations sont aussi en votre possession.

Maintenant, ce que pense la MONUSCO par rapport à ce regain de la violence, ou en tout cas, cette recrudescence de la violence que nous observons un peu partout que ce soit dans les Kasaï, que ce soit dans le Tanganyika, mais aujourd’hui ici encore à Kinshasa, évidemment que nous déplorons fortement cette situation, surtout que si les discours de haine sont véhiculés. Mais aussi, nous fustigeons l’embrigadement de jeunes dans ces milices ou mouvements prêchant la violence et qui défient l’autorité de l’Etat. Ce qui est en tout cas inacceptable. Donc,  il est préférable pour nous, d’appeler, d’interpeller aussi tous les acteurs, à savoir les forces de défense et de sécurité congolaises pour un usage proportionné de la réponse à apporter à toute cette violence que nous avons observée, et aussi encourager tout le monde à privilégier la voie du dialogue, qui est la seule voie à mon avis pour résoudre les problèmes et aussi aplanir toutes les divergences que nous vivons aujourd’hui au plan interne».

Donc,  voilà de manière très globale,  la réponse de Félix Prosper Basse,  concernant cette question d’actualité. Du reste, toutes les autres matières liées essentiellement aux récents événements dans le pays, ont été passées au peigne fin, lors de la conférence hebdomadaire de la Monusco de ce mercredi 15 février 2017,  à son QG, derrière les Galeries Présidentielles, à la Gombe.  La lecture du condensé, ci-après, peut permettre à toute personne  intéressée d’en savoir un peu plus.

Questions-Réponses

*La conférence de presse conjointe des Nations Unies était animée à partir de Kinshasa par Félix Prosper Basse, porte-parole de la MONUSCO et Florence Marchal, chargée de Communication et Coordonnatrice du Groupe de Communication des Nations Unies (UNCG) ; et à partir de Goma, par le Lieutenant-colonel Serge Haag, porte-parole militaire de la MONUSCO. La conférence a connu la participation du Dr Mamadou Diallo, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies, intervenant à partir de Kinshasa. Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies [Dr Mamadou Diallo]: Bonjour et bienvenue mesdames et messieurs à cette conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies. Je voudrais peut-être commencer mon propos, en utilisant un peu ma formation de médecin et en parlant de la République démocratique du Congo, vous les hommes et les dames des médias, vous avez appris le communiqué qui a été [publié] par le ministre de la Santé, qui nous annonce une très bonne nouvelle, la République démocratique du Congo a vaincu l’épidémie de fièvre jaune.

Officiellement, cette épidémie est finie en RD Congo. Et je pense que je partage cette information avec vous, pour dire que simplement, contrairement à ce que certains médias essaient de véhiculer, il n’y a pas que de mauvaises choses qui se passent en RD Congo, il se passe aussi quelques fois de bonnes choses. Et ceci est une victoire pour la RD Congo, et une victoire pour la région africaine de l’OMS.

Et je pense qu’on devrait saluer le professionnalisme des agents de santé de la RD Congo, le leadership du gouvernement de la RD Congo et l’engagement des partenaires de la RD Congo pour soutenir votre pays, dans le cadre de la lutte contre cette épidémie, qui a été importée d’un pays voisin, mais la réponse sérieuse et organisée de la RD Congo a permis d’éteindre cette épidémie.

Deuxième aspect sur lequel je voudrais revenir, c’est celui qui nous occupe tous, à savoir la préparation des échéances électorales. Il me plaît de rappeler ici que sous le leadership de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, les opérations d’enrôlement et de mise à jour du fichier électoral se poursuivent.

Au moment où nous parlons, vous le savez probablement déjà, avec la CENI, et le soutien de la MONUSCO et des partenaires de la CENI, nous venons de franchir la barre symbolique de 13 millions des Congolaises et des Congolais déjà enregistrés, déjà enrôlés comme électeurs.

Si vous ajoutez aux 12 300 000 électeurs qui sont déjà enregistrés dans les aires opérationnelles une et deux, qui sont l’objet des enrôlements en cours, donc si vous ajoutez à ça les plus de 800 et quelques mille électeurs qui se sont enregistrés pendant la phase préliminaire, la phase pilote dans la province du Nord-Oubangui, nous avons franchi la barre de 13 millions d’électeurs enregistrés sur un total attendu de 40 millions [d’électeurs].

Pourquoi ce chiffre est important ? Pour deux choses : la première, c’est qu’en dépit de tout ce qui se dit, la CENI continue méthodiquement, courageusement son effort de pouvoir permettre à tous les Congolais et à toutes les Congolaises qui le souhaitent de s’enrôler et d’obtenir leur carte d’électeur pour que le jour où il y a des élections qu’ils puissent participer dans la sérénité, dans le calme et la transparence aux opérations de vote, et qu’ils choisissent les hommes et les femmes qui vont animer les institutions démocratiques de ce pays.

Deuxième chose : c’est un appel à vous tous et toutes, en tant que Congolaises et Congolais, de ne pas négliger votre devoir citoyen d’aller vous enrôler, de dire à vos amis, à vos familles respectives, aux personnes qui vous sont chères, d’aller s’enrôler.

C’est un acte citoyen, c’est un acte qui est très important et c’est un acte qui vous permet de revenir au cœur  du jeu politique et du jeu démocratique de votre pays. Il n’y a de démocratie que quand il y a des élections, et des élections crédibles.

Le soutien de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC, la MONUSCO, et au-delà de l’ensemble de la famille des Nations Unies au processus d’enrôlement, se veut un accompagnement et un soutien à la CENI, qui est l’institution congolaise mandatée par la Constitution congolaise pour conduire les élections.

Ce soutien aussi se veut garant de la transparence, de l’équité, de l’intégrité, de la qualité et de l’inclusivité du processus d’enrôlement.

En travaillant avec la CENI, je suis heureux de vous dire que grâce aux actions de sensibilisation qui ont été faites, nous voyons progressivement le nombre de femmes et de jeunes qui s’enrôlent, augmenter.

Dans les aires opérationnelles 1 et 2, on est passé de 45% des femmes dans la phase pilote dans la province du Nord-Oubangui, à près de 48% des femmes sur le total des 13 millions et quelques qui sont déjà enrôlés.

Notre ambition, c’est d’arriver à la parité : 50% de femmes enrôlées pour 50% d’hommes. Et mieux, peut-être 51% ou 52 % de femmes enrôlées pour 48% d’hommes. Ceux parmi vous les hommes qui sont ici, vous pouvez sourire si vous le souhaitez, mais je ne fais que dire les statistiques démographiques de votre pays. Parce que la démographie de votre pays, c’est 52% de femmes et 48% d’hommes. Mais si on arrive à la parité 50-50, je pense que c’est une bonne chose.

Notre soutien à la MONUSCO, comme je l’ai dit, est une oeuvre d’accompagnement et de soutien à la CENI, ce n’est pas une question de substitution. Notre soutien se veut, décliner dans le cadre de la résolution 2277 que le Conseil de sécurité nous a donné, et qui limite notre intervention à cette phase du processus électoral, à un soutien logistique et technique à l’opération de révision du fichier électoral.

Nous nous acquittons au mieux de nos capacités de cette activité, et pour ce faire, nous avons, dans le cadre du mandat à nous donné par le Conseil de sécurité, déployé 20 aéronefs, dont 16 hélicoptères et 4 avions gros porteurs, qui sont sur le sol congolais et qui sont utilisés pour pouvoir envoyer le matériel électoral de Kinshasa vers 16 Hubs ; 16 lieux à partir desquels ils sont dispatchés vers les lieux d’enrôlement.

Et au-delà de ces 16 Hubs, nous avons aussi pris l’engagement de transporter le matériel électoral dans 108 centres d’enrôlement qui sont difficiles d’accès à cause du manque de routes ou bien de voies navigables. Le reste des points d’enrôlement sont desservis par la CENI à travers ses propres moyens.

Sur le total du matériel à délivrer qui se montait au total, pour l’ensemble de l’opération, à 2 .410 tonnes, ce qui était attendu à être délivré dans la zone pilote du Nord-Oubangui et dans les aires opérationnelles 1 et 2, qui couvrent les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et de l’Ituri, ensuite toutes les provinces de l’ancienne grande province du Katanga, et l’ensemble de la grande province de l’Equateur, excepté le Nord-Oubangui.

Sur ces aires-là, la MONUSCO devait apporter son soutien pour le transport et la mise à disposition de 1.900 tonnes du matériel et d’équipement.

Au moment où je vous parle, nous avons déjà transporté et délivré 1.800 tonnes. Les 100 tonnes qui restent à délivrer par la MONUSCO, c’est du matériel qui n’est pas encore [mis] à la disposition de la CENI. Un matériel qui a déjà été commandé, et qui arrivera incessamment au port de Mombassa, au Kenya. Et à partir de là, nous allons dispatcher nos avions pour aller récupérer ce matériel et le dispatcher dans les zones.

L’ambition que l’on avait, c’était de finaliser toutes ces opérations au 31 janvier [2017]. Mais à la date du 9 février [2017], nous avons finalisé tout ce que nous devrions faire.

Mais au-delà de cet appui logistique, il y a aussi l’appui technique, comme je vous l’ai dit, mandaté par le Conseil de sécurité. Et dans cet ordre d’idées, nous avons recruté et mis à la disposition de la CENI 150 experts dans la logistique et l’appui aux opérations d’enrôlements. Experts, dont certains sont dans la salle ici, ils sont logés à la CENI où ils travaillent au quotidien avec leurs collègues de la CENI, et d’autres sont au niveau des provinces en train de travailler.

Ceci ne constitue pas toute l’opération. Il convient peut-être ici de saluer aussi l’effort du gouvernement de la RD Congo, qui a donné des ressources financières substantielles à la CENI pour lui permettre de faire son travail, et qui à l’occasion, chaque fois que le besoin se fait sentir, a mis à disposition effectivement les moyens de transport des FARDC pour que la CENI puisse faire la logistique.

Ces efforts sont à saluer dans la mesure où le contexte économique actuel et les difficultés financières que rencontre le gouvernement de la RDC, -comme tous les autres gouvernements qui sont dépendants des matières premières, à cause du retournement de conjoncture-, font que le sacrifice consenti pour soutenir les opérations d’enrôlement est très important, mais jusqu’à présent, je pense que le gouvernement a honoré ses engagements.

Donc c’est le lieu ici pour la MONUSCO, de saluer aussi cet effort du gouvernement.

Voilà où est-ce qu’on est rendu, comme disent nos amis Canadiens. Est-ce que tout est fait ? Probablement pas, 13 millions d’électeurs enregistrés sur un total attendu de 40 millions. On a encore du chemin à faire, mais nous sommes dans les délais. Et la CENI respecte scrupuleusement le calendrier qu’elle s’est fixée, à savoir finaliser les opérations d’enrôlement au 31 juillet 2017.

Et si on continue à ce rythme, je pense qu’on réussira le pari de finir cette opération au 31 juillet [2017].

Voilà ce que je voulais partager avec vous et je reste disponible pour des questions.

Question 1

Christiane Ekambo/Africa News & Le Journal des nations.net : Ma question s’adresse directement à monsieur Félix Basse. L’actualité à Kinshasa, ce sont les accrochages entre la secte Bundu dia Mayala [Bundu dia Kongo] et la Police anti-émeute. Est-ce que vous pouvez nous donner le bilan de ces accrochages ?

Et au regard des activités menées par cette secte, est-ce que nous ne sommes pas là en face d’une milice ? Je ne sais pas ce qu’en pense la MONUSCO.

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Oui madame, merci pour cette question. Vous avez parfaitement raison d’évoquer cette situation qui a prévalu hier et avant-hier ici dans la ville de Kinshasa, et qui opposait les forces de défense et de sécurité congolaises aux éléments de la secte Bundu dia Mayala, parce qu’initialement, c’était Bundu dia Kongo, et puis ça s’est mué en parti politique.

Evidemment, les informations en notre possession sont celles qui ont été données par la Police nationale congolaise, en l’occurrence par le porte-parole de la Police nationale congolaise qui parle de 22 arrestations, des véhicules brûlés, etc. Donc, je pense que ces informations sont aussi en votre possession.

Maintenant, ce que pense la MONUSCO par rapport à ce regain de la violence, ou en tout cas, cette recrudescence de la violence que nous observons un peu partout que ce soit dans les Kasaï, que ce soit dans le Tanganyika, mais aujourd’hui ici encore à Kinshasa, évidemment que nous déplorons fortement cette situation, surtout que si les discours de haine sont véhiculés. Mais aussi, nous fustigeons l’embrigadement de jeunes dans ces milices ou mouvements prêchant la violence et qui défient l’autorité de l’Etat. Ce qui est en tout cas inacceptable.

Donc il est préférable pour nous, d’appeler, d’interpeller aussi tous les acteurs, à savoir les forces de défense et de sécurité congolaises pour un usage proportionné de la réponse à apporter à toute cette violence que nous avons observée, et aussi encourager tout le monde à privilégier la voie du dialogue, qui est la seule voie à mon avis pour résoudre les problèmes et aussi aplanir toutes les divergences que nous vivons aujourd’hui au plan interne.

Donc voilà de manière très globale ce que je peux dire concernant cette question.

Question 2

Sonia Rolley/RFI : Est-ce que vous pourriez confirmer que vous avez reçu des informations faisant état de l’existence des fosses communes au Kasaï et au Kasaï Central, que vous avez commencé à enquêter dessus, et même pris des photos de sites concernés dans certains endroits.

Et qui sont dans ces fosses communes et qui sont les auteurs de ces fosses communes ? Certains évènements remontent à plus d’un mois et demie ou deux mois, comment expliquer que ça prenne autant de temps pour avoir une réponse sur ces allégations ? Est-ce que vous avez un problème d’accès justement à ces sites, et des difficultés pour enquêter sur toutes ces informations ?

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Merci madame. A ce stade de la crise que nous vivons aujourd’hui dans le Kasaï Central, pas seulement dans le Kasaï, parce qu’il faut préciser que cette violence s’est répandue aussi bien au Kasaï, au Kasaï Oriental, qu’au Kasaï Central. Donc aujourd’hui, ce sont tous les Kasaï qui sont touchés par la crise que vous venez d’évoquer.

Il faudra aussi relever une chose, c’est que depuis 2014, la MONUSCO avait basculé le volume de sa force vers l’est, pour se rapprocher des populations civiles que nous sommes censés protéger, conformément au mandat qui nous a été donné. Ça, c’est une première chose.

Ce qui fait que nous n’avons pas une présence suffisante, une présence effective à l’ouest qui était resté très calme pendant un certain temps. Ce qui nous avait d’ailleurs encouragés à basculer cette force-là au niveau de l’Est où nous avons une prolifération de groupes armés, plus d’une quarantaine de groupes armés, qui sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles.

Vous avez parlé des fosses communes, à ce stade de l’analyse ou à ce stade de notre déploiement, nous ne pouvons pas confirmer tout de suite la présence de ces fosses communes.

Je vous avais dit ici la dernière fois que nous avions, au titre de la résolution de cette crise, déployé une équipe mobile, de monitoring, d’évaluation qui est présentement sur le terrain, qui est arrivée à Kananga, et qui va poursuivre justement son travail d’investigation, de recueil d’informations, pour une meilleure compréhension de la crise qui prévaut là-bas, afin d’appuyer les autorités congolaises à y apporter des réponses, des réponses qui puissent être définitives, qui puissent être pérennes, parce que c’est une situation de violence inacceptable, il y a mort d’hommes de part et d’autre.

Et nous pensons tout simplement qu’il faudra trouver des solutions avec l’implication de tous les acteurs provinciaux, nationaux et aussi les partenaires de la République démocratique du Congo.

Question 3

Helvira Phanzu/Radio Télé La Louange (Goma) : Ma question, je la pose à monsieur Félix Basse. Le Bundu dia Kongo maintenant à Kinshasa, le Kamwina Nsapu aux Kasaï, le M23 au Nord-Kivu, les APCLS à Masisi et à Beni les présumés [combattants] de l’ADF.

Je voudrais savoir : que compte faire la MONUSCO afin que ce phénomène ne se répande pas aux provinces non encore affectées ?

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Madame vous avez parfaitement raison d’indiquer que depuis un certain temps, nous avons observé une recrudescence de la violence dans toutes les parties de la République démocratique du Congo. Cette situation est bien entendu non seulement condamnable, mais cette situation est préoccupante. Préoccupante pour les forces de défense et de sécurité congolaises mais aussi pour les autorités congolaises ; préoccupante aussi pour la Force de la MONUSCO, qui vient en appui à toutes ces opérations menées par les FARDC qui, dans leurs efforts de neutralisation des groupes armés, essaient d’instaurer la sécurité un peu partout.

Mais vous savez, tous ces groupes que vous avez nommés, ne sont pas des groupes nouveaux, réellement, parce que Bundu dia Kongo a existé avant ; l’Alliance pour un Congo libre et souverain [APCLS] a existé, nous avions encore Cheka là-bas, nous avons l’ADF, nous avons tous ces groupes armés étrangers ou nationaux qui commettent des exactions contre les populations civiles. Et c’est à cela que nous nous attelons, pour essayer de neutraliser tous ces groupes armés et permettre aux populations de vivre de la façon la plus correcte, de la façon la plus naturelle.

Alors, que pense la MONUSCO ? Je vais peut-être répéter ce que j’ai dit lors de la conférence de la semaine dernière : la MONUSCO n’est pas une force de substitution, la MONUSCO est une force de contribution qui est là sur invitation des autorités congolaises pour appuyer les efforts de restauration

de l’autorité de l’Etat, les efforts de pacification du pays, en appuyant aussi les forces de défense et de sécurité congolaises avec les moyens et les ressources mis à notre disposition.

Nous pensons tout simplement que c’est dans un effort collectif, dans un élan collectif et ce, non seulement en mettant en oeuvre nos expériences diverses, mais aussi en mutualisant nos moyens que nous arriverons, avec surtout l’appui, le soutien et l’accompagnement des populations congolaises qui devraient nous aider dans cette tâche ardue, qui n’est pas facile compte tenu, comme vous le savez, du terrain, compte tenu aussi du gigantisme du pays.

Mais je peux vous dire que la MONUSCO pense tout simplement que l’espoir est encore permis et qu’ensemble, nous pouvons vaincre la violence, nous pouvons ensemble neutraliser les groupes armés et permettre aux populations de mieux vivre.

Question 4

Patrick Félix Abely/RTVS1 (Goma) : Monsieur Félix Prosper Basse je vous prends au mot. La MONUSCO est une force de contribution. D’ici au mois de mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies va peut-être prolonger le mandat de la MONUSCO.

Ma question est de savoir : au regard de tout ce qui se passe en République démocratique du Congo, les milices comme Kamwina Nsapu, Bundu Dia Mayala et les autres…Il y a une cause faisant que tout ce monde puisse se réveiller [comporter] de cette manière.

Ainsi, avec votre présence en République démocratique du Congo, ces conflits sont-ils loin de se terminer ?

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Oui, mais c’est quoi votre question ? Vous pouvez la reformuler s’il vous plaît ? Quelle est votre question ?

Patrick Félix Abely/ RTVS1 (Goma) : Justement ma question est très claire et demande une réponse scientifique claire. Est-ce que les conflits sont loin de se terminer en République démocratique du Congo, d’autant plus que toutes les milices qui naissent çà et là ont une cause pour leur existence ?

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Merci pour votre question, qui n’est pas très précise par ailleurs. Je peux tout simplement dire que les causes, vous, vous les connaissez peut-être, mais de mon point de vue, je pense que les causes sont multiformes.

Donc, en quelques années de présence ici, j’ai vu énormément des groupes Mayi-Mayi, des milices naître et disparaitre au gré de ceux qui les créent.

Mais ce que je peux vous dire tout simplement, c’est que la MONUSCO est là, elle fait son travail en appui aux forces de défense et de sécurité congolaises, et au passage il ne faut pas négliger les efforts qui sont faits par les forces de défense et de sécurité congolaises pour pacifier le pays.

Parce que, les soldats congolais, les braves soldats congolais que moi j’ai vu évoluer sur le terrain, ils le font avec détermination, avec engagement, et ils sont prêts à donner leurs vies pour que les populations civiles puissent être protégées.

Evidemment, ce n’est pas parce que nous voyons des groupés armés naître et disparaitre, je l’ai dit que c’est un phénomène connu. Souvent, ce sont des groupes armés qui s’en prennent lâchement aux populations civiles, mais vous avez bien vu que les FARDC, soutenues par [la Force de] la MONUSCO, sont en train de faire du très bon travail.

Evidemment que beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. Mais toujours est-il que, c’est en cela aussi que nous vous interpellons, vous les journalistes, pour que vous puissiez contribuer justement à ces efforts de pacification, parce que la sécurité ne doit pas simplement être laissée aux forces de défense et de sécurité, la sécurité, c’est l’affaire de tous.

Et à partir de vos plumes, vous pouvez beaucoup contribuer, en dénonçant certains phénomènes, en encourageant les soldats congolais, et en reconnaissant de la manière la plus juste ce qui se fait sur le terrain.

Question 5

Marthe Boswandole/AFP : Ma question, c’est à monsieur Félix Prosper Basse, et le Docteur Diallo peut aussi intervenir.

Je reviens sur la question au Kasaï avec la milice de Kamwina Nsapu. Hier, le Commissariat aux droits de l’Homme a fait état de ses préoccupations par rapport à la situation dans ce coin du Congo et il parlait d’une centaine de morts non confirmée.

Alors j’aimerais savoir, si la MONUSCO avec la mission qui est sur place, a des informations claires sur ce qui se passe, et éventuellement le nombre de morts si vous en avez. Est-ce qu’il y aurait [eu] usage disproportionné de la force ? Mais aussi, par rapport à la question sur les fosses communes, est-ce que même si vous ne confirmez pas, avez-vous entendu parler de cela ?

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Merci madame, je me rends compte que vous avez déployé un chapelet de questions, une batterie de questions, l’une après l’autre.

Mais je vais peut-être circonscrire mon propos sur votre préoccupation majeure, c’est le nombre de morts que nous avons sur le terrain.

Je pense que je vous avais aussi indiqué tantôt que nous n’avions pas une présence réelle, significative sur le terrain. Je pense avoir rappelé aussi ici que nous avons déployé une équipe pluridisciplinaire qui est sur le terrain en vue de mener des investigations, et c’est un processus.

Ils viennent juste de débarquer sur le terrain, et je pense que les résultats de leurs investigations une fois que nous les aurons, nous les partagerons volontiers avec vous, ce qui est tout à fait normal.

Mais aujourd’hui, nous n’avons pas encore conclu le travail pour lequel nous nous sommes déployés dans cette région là pour voir réellement ce qui s’est passé.

Parce que les chiffres, il y en a eu beaucoup. Ils sont évolutifs. Il y en qui parle de cinquante, il y en a qui parle de soixante, il y en a qi parle de cent, plus de cent, etc. C’est justement pour cela que nous nous sommes rendus dans cette région du pays, afin de pouvoir constater, vérifier, faire des investigations, et ensuite partager toutes ces informations, avec aussi bien les autorités congolaises, que les médias et le public congolais de manière très générale.

Question 6

Venant Vudisa/RTNC : Je m’adresse au Représentant spécial adjoint, monsieur Mamadou Diallo. J’aborde le soutien de la MONUSCO à la CENI, c’est une question à laquelle vous avez déjà répondu peut-être, toutefois rien ne vous empêche d’en reparler.

Ce soutien, j’ai retenu qu’il est logistique, il est également technique. Cent cinquante experts mis à la disposition de la CENI, 13 millions de personnes enregistrées ou déjà enrôlées.

Mais qu’est-ce qui fait que le gouvernement de la RDC, plus précisément la CENI, dise attendre de la MONUSCO 123 millions de dollars, contribution promise par la MONUSCO s’il faut être précis, sur le un milliard et quelques huit cents millions de dollars, coût de toute l’opération d’enrôlement dans notre pays ?

Représentant spécial adjoint [Mamadou Diallo] : Merci monsieur Vudisa pour cette question. D’abord, juste apporter une correction aux propos. Il n’y a pas de promesse de la MONUSCO de donner à la CENI 123 millions de dollars.

Les cent vingt-trois millions de dollars dont il s’agit, ce sont des annonces de contribution dans le cadre d’un projet conjoint signé entre la CENI, le gouvernement de la RD Congo, et un [groupe] de partenaires de la RD Congo qui ont l’habitude d’accompagner ce pays dans les élections.

Ce programme s’appelle ‘’PACEC’’ : le Programme d’Appui au Cycle Electoral en RD Congo. Il est doté d’une enveloppe financière de cent vingt-trois millions de dollars, à laquelle des partenaires du Congo ont décidé de souscrire.

Ils ont donc signé ce document de projet, et ils ont chargé le PNUD d’en être l’agence d’exécution. C’est de cela qu’il s’agit pour les 123 millions. Dans cet arrangement, la MONUSCO n’est pas partie à cet arrangement. Elle n’a pas fait d’annonce de contribution, elle n’a pas signé le document de projet, elle n’en assure pas la gestion.

Donc, il n’y a pas moyen d’attribuer à la MONUSCO une quelconque paternité de ce projet.

Le soutien de la MONUSCO, qui se situe dans le cadre du soutien intégré du système des Nations Unies, est défini et encadré par la résolution 2277. Sur la base de cette résolution et du mandat qui nous a été donné, nous avons élaboré, dans le cadre des activités d’appui logistique et technique, un budget prévisionnel supplémentaire que nous avons soumis au siège [des Nations Unies], à New York.

Nous avons reçu approbation de principe de ce budget, avec une autorisation de commencer les opérations en utilisant les ressources propres de la Mission.

C’est ce que nous avons fait. Immédiatement à partir du mois d’octobre, quand nous avons reçu cette approbation de principe, nous avons mis en route la machine et nous avons fait le contrat pour amener vingt aéronefs, dont seize hélicoptères et quatre avions gros porteurs, pour un coût total de 33.700. 000 dollars, qui sont au Congo depuis octobre et qui ont été utilisés pour pouvoir faire le transport dont je parlais tantôt.

Sur la base de ça aussi, nous sommes allés dans le cadre de nos équipes et de nos experts, et nous avons recruté 150 experts, à la fois pour la logistique et pour l’appui technique à l’opération d’enrôlement, que nous avons mis à disposition.

Dans le même ordre d’idées, nous avons utilisé nos ressources propres pour louer des entrepôts, ici à Kinshasa et dans les hubs, où nous devons délivrer et nous avons mis ces entrepôts à la disposition de la CENI.

Nous avons aussi acheté tous les matériels de levage et de transport et de chargement et de déchargement des avions et des autres véhicules, que nous avons aussi mis à disposition dans les différents aéroports où nous délivrons les matériels.

Sans entrer dans trop de détails, voilà un peu ce que la MONUSCO fait. Maintenant les cent vingt-trois millions de dollars, ça, c’est un accord entre la CENI et un groupe de partenaires.

Les Nations Unies y sont présentes à travers le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, qui en est le gestionnaire, et le PNUD lui-même a mis de l’argent.

Mais les 123 millions de dollars, comme je copréside le Comité de partenariat des élections avec le Président de la CENI, au jour où je vous parle, il y a près de 6 à 7% de ce montant qui a déjà été déboursé. Donc, il y a déjà un début de contribution.

Ce qui avait été demandé par ces partenaires, c’est la publication par la CENI d’un calendrier des élections. Evidemment vous allez dire qu’on peut en parler, mais la CENI a déjà sorti, et il faut le lui reconnaitre et la saluer, un chronogramme pour l’enrôlement et la finalisation du fichier électoral qui s’étale jusqu’au 31 juillet [2017]. Et c’est sur la base de ça que la MONUSCO soutient.

Mais les partenaires qui souhaitent soutenir la CENI veulent quelque chose de plus grand, uniquement un calendrier pour l’enrôlement, ils veulent un calendrier pour les élections.

Ceci n’est pas hors de mon propos. Donc, voilà un peu ce que j’en sais sur cette question en particulier. Mais je pense que nous n’avons aucune paternité sur cette question-là, nous n’avons pas fait d’annonce de contribution.

Nous continuons de faire le plaidoyer auprès de grands pays donateurs, pour qu’ils contribuent, parce que c’est important de soutenir la RD Congo en cette période, parce que le gouvernement fait de réels efforts.

Mais pour votre information, le gouvernement a lui-même déjà mis peut-être deux fois ce montant, de son propre argent dans le cadre des opérations d’enrôlement.

Donc, ça veut dire que les partenaires ne sont peut-être pas encore venus, mais le gouvernement lui-même continue de financer les activités.

Question 7

Roger Marley Lukunga/Le Pari & Pari.cd : L’ambition, c’était de terminer les opérations d’enrôlement en fin janvier. Je cite verbatim et stricto textu du Docteur Mamadou Diallo. Donc, un léger retard s’est glissé dans le processus.

Pourra-t-on encore constater du retard dans ce processus, lorsqu’on tient à l’esprit que l’insécurité a repris du poil de la bête à l’est de la République démocratie du Congo, dans les Kasaï et dans le Kongo central ? Pourra-t-on encore revivre du retard ?

Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies [Dr Mamadou Diallo]: Merci bien Roger. Je suis en train de rebobiner un peu ma mémoire pour voir exactement quand est-ce que j’ai dit que ça finissait en fin janvier. Mais je vais y arriver.

En fait, je pense que la date butoir, elle n’est pas mienne, j’aurais pu m’en attribuer la paternité, me taper la poitrine, mais ce n’est pas de moi.

C’est la CENI qui a fixé sur les options qui lui avaient été présentées pour préparer le fichier électoral, elle avait le choix entre la reconduction du fichier de 2011, ce que tous les acteurs politiques congolais ne voulaient pas. Première option.

Deuxième option, le toilettage de ce fichier en y excluant les décédés et les doublons et en y incluant les nouveaux majeurs, ce que la classe politique congolaise n’a également pas eu beaucoup de goût pour.

Et enfin, la troisième solution, qui est la refonte totale du fichier. Ce que la CENI a choisi. Elle a donc élaboré un chronogramme sur ça et elle a pensé que ça allait se terminer le 31 juillet [2017]. C’est sur la base de ce chronogramme que nous avons reçu mandat de soutenir.

Notre soutien cher monsieur se veut aussi un garant du respect de ces échéances-là. Parce que comme vous le savez, la présence d’un fichier ne garantit pas qu’il y aura une élection. Mais l’absence d’un fichier crédible et inclusif, est certainement quelque chose qui garantira qu’il n’y pas une élection crédible et inclusive.

Donc, notre travail c’est de nous assurer que vous en tant que Congolais, ceux et celles qui vous sont chers, qui décident d’exercer leurs droits citoyens de participer à la vie politique de leur pays, trouvent le moyen de le faire en allant s’enrôler, en recevant une carte digitalisée et en allant le jour du vote dans des conditions de sérénité et de sécurité, déposer leurs urnes dans l’isoloir, et que votre voix et celles des personnes qui vous sont chères comptent dans le cadre du résultat de ces élections.

Mais ce travail ne peut avoir lieu que si nous avons un fichier. Donc, notre présence et notre soutien, c’est de nous rassurer que quelles que soient par ailleurs les difficultés, et vous en avez cité quelques-unes, que nous restons dans ce délai.

Et si nous continuons comme nous avons commencé, je pense que nous allons rester dans ce délai. Et il faut en donner le crédit à la CENI, elle fait son travail correctement.

Vous avez parlé de poches d’insécurité, je suis d’accord, c’est déjà la plupart des questions posées ici, nous en sommes tous préoccupés. Mais peut-être aussi que la mise en place d’un espace démocratique beaucoup plus ouvert est aussi une réponse aux questions d’insécurité.

Peut-être. Ça peut ne pas être ça, mais c’est peut-être ça. Peut-être que les Congolaises et les Congolais qui pensent qu’ils doivent défier leur pays ou leurs gouvernants, peuvent aussi trouver un moyen d’expression quand ils sentent qu’ils participent de façon sérieuse au processus électoral et qu’ils jouent un rôle au processus électoral et qu’ils jouent un rôle dans la vie politique de leur pays.

Peut-être que ça peut être un début de réponse à leurs préoccupations. On le souhaite.

Dernier élément. Une zone où nous avons des groupes armés très actifs, le Nord-Kivu, en fait dans l’aire opérationnelle dans laquelle se trouve le Nord-Kivu, c’est le Nord-Kivu qui est la star. Elle est devant toutes les autres provinces en termes d’enrôlement. De sorte que même on est allé un peu au Sud-Kivu et au Maniema pour leur dire que : ‘’Mais, hâtez-vous’’. Parce que sinon eux là-bas ils sont partis. Ils ont déjà dépassé la barre de deux millions d’enrôlés.

Et là-bas, les populations et la société civile tiennent fermement à faire enrôler les gens. Ils vont, ils prennent les gens ils disent : ’’Venez vous enrôler’’. Vous allez avoir une carte et votre photo et personne ne peut vous denier ça. C’est quelque chose qui vous appartient en tant que citoyen et que vous pouvez garder.

Donc, je pense que votre rôle aussi en tant que professionnels de médias, c’est de passer ce message. S’enrôler est un acte citoyen. Et personne ne doit vous empêcher de faire ça.

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Peut être juste pour rebondir sur le deuxième volet de votre question, relative à l’insécurité dans les centres d’enrôlements.

Il faut d’abord préciser que premièrement la responsabilité de la sécurisation de ces endroits incombe aux forces de défense et de sécurité congolaises. Bien entendu nous sommes là pour appuyer les forces de défense congolaises. Et à ce titre, je voudrais d’ailleurs interpeller le Colonel Huet qui est à Goma pour éventuellement partager avec nous les plans de contingence qui sont prévus au sein de la Force dans le cadre de l’appui qui doit être donné aux forces de défense et de sécurité congolaises, pour la sécurisation de ce processus électoral.

Mon Colonel bonjour à Goma, est ce que vous avez un mot là-dessus ?

Chef des Opérations de la Force de la MONUSCO [Pierre Huet] : Bonjour, c’est un plaisir d’être ici aujourd’hui et de pouvoir répondre à vos questions concernant le support aux élections. Présentement si on regarde attentivement la résolution 2277 des Nations Unies, il n’y a pas de mandat explicite qui donne à la Force le pouvoir de supporter les élections. Comme cela a été mentionné par le docteur Diallo, le support qui est apporté est vraiment technique et logistique.

Donc, la Force travaille conjointement avec les forces de sécurité nationales congolaises, pour surtout mettre le focus sur la protection des civils, la protection des régions et des centres d’enregistrements pour s’assurer que l’enrôlement des personnes, des Congolais se fait de manière sécurisée.

Donc encore une fois, le mandat est très restreint au niveau de la Force, au sein de la mission de la MONUSCO concernant le soutien au processus électoral.

Question 8

Blaise Pascal/L’Essentiel (Goma) : Ma question s’adresse au docteur Mamadou Diallo. Je voudrais savoir si vous tenez compte de quel « deadline » [délai] par rapport à votre assistance au processus électoral. Est-ce que celui proposé par l’accord du 18 octobre c’est à dire d’ici avril 2018 pour la tenue des élections ou bien vous tenez compte de la proposition faite par l’accord de la Saint-Sylvestre du 31 décembre [2016] qui jusque-là n’est pas encore signé. Quel est le « deadline » auquel vous tenez compte par rapport à votre assistance.

Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies [Dr Mamadou Diallo]: Merci beaucoup Blaise Pascal. Vos collègues ici ont semblé émettre quelques murmures concernant l’Accord du 31 décembre [2016].

Si je peux peut être me permettre d’apporter un élément de clarification, c’est que cet accord a été effectivement signé, et si notre compréhension commune de cet accord est validée c’est qu’il s’est voulu une continuation, un élargissement et une meilleure inclusivité de l’accord du 18 octobre [2016]. C’était ça le reproche qui avait été fait à l’accord du 18 octobre et l’accord de la saint Sylvestre s’est voulu plus large, plus inclusif et qui a offert à l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile congolaise de se joindre à cet accord.

Il me souvient aussi que beaucoup d’acteurs ont signé cet accord et qu’au moment où nous parlons il y a peut-être un arrêt temporaire des discussions au centre interdiocésain sous le leadership de la CENCO, pour pouvoir finaliser les arrangements techniques qui présideront à la mise en oeuvre de cet accord.

Sur la base de cette architecture institutionnelle donc de l’accord du 31 décembre , je pense que la classe politique congolaise s’est accordée pour fixer à la date de décembre 2017 la tenue des élections dans une séquence qu’ils ont d’abord décidé comme une séquence plurielle à savoir, des élections présidentielle, législatives nationales et législatives provinciales couplées. Une séquence qu’ils ont la possibilité une fois le Conseil National de Suivi de l’Accord installé, de revisiter ou d’amender s’ils le souhaitent.

Donc nous, pour le moment au niveau de la mission, de la famille des Nations Unies et de la CENI, notre ligne de mire c’est décembre 2017 jusqu’à ce que la classe politique congolaise nous en dise autrement.

Le cas échéant nous continuons sur cette lancée. Et pour revenir à la question de celui qui vous a précédé ici, Roger, à savoir exactement que la clé de voûte de cette architecture c’est la finalisation de la mise à jour du fichier électoral et sa mise à disposition pour la convocation du corps électoral. C’est pour ça que nous travaillons d’arrache-pied pour être sûr que la date butoir du 31 juillet 2017 ne soit pas dépassée pour avoir le fichier prêt.

A partir de là, il appartiendra aux acteurs politiques congolais de décider quand il faut convoquer le corps électoral, et quand est ce qu’il faut organiser les élections, et dans quelle séquence. Ça c’est le rôle de la classe politique congolaise.

Et une fois que cette décision est prise et qui est à caractère politique, nous reviendrons en arrière je veux dire, les techniciens pour essayer de la mettre en musique et de montrer qu’est-ce qu’il faut pour que cette échéance soit tenue, et ensuite nous irons vers les élections.

Question 9

Albert Omba/Numerica TV : Parce que nous devons terminer avec le docteur Mamadou. Docteur, je pense que vous, la MONUSCO, vous êtes parmi les forces qui aident la nation congolaise à maintenir la paix. Il y a un problème de blocage qui se pose au niveau national

 [concernant le rapatriement] de la dépouille de monsieur Etienne Tshisekedi, les gens ne s’accordent pas sur ce problème. Est-ce que la MONUSCO peut apporter ses bons offices pour y trouver une solution rapide qui pourrait peut-être aider aussi à ne pas aller trop loin.

Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies [Dr Mamadou Diallo]: Peut-être que vous me donnez l’occasion ici de dire officiellement au nom du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, mais également au nom de l’ensemble de la famille onusienne, de vous présenter à vous personnellement, à vos collègues ici réunis et à l’ensemble du peuple congolais nos condoléances les plus attristées suite à la disparition de cette grande figure de la lutte politique au Congo, qui a donné sa vie pour le triomphe de la démocratie, de la liberté et de l’Etat de droit. C’est une figure qui est née au Congo, qui est votre compatriote, mais c’est une figure qui appartient à l’ensemble du continent africain.

Ceci dit, nous avons aussi appris avec beaucoup de consternation le décès du docteur Etienne Tshisekedi, et comme vous l’avez dit je pense qu’effectivement nous faisons déjà notre fonction de bons offices. Nous sommes en contact avec les acteurs politiques du Rassemblement comme organisation parapluie, mais aussi avec les acteurs politiques de l’UDPS qui est la famille politique du président Tshisekedi, mais également avec le gouvernement et les autres acteurs politiques, en se disant que ce deuil qui frappe le Congo est peut-être une opportunité.

Pourquoi ne pas utiliser, à la mémoire de cet illustre combattant, cette opportunité de pouvoir ramener de la sérénité dans le débat politique congolais, aller de l’avant dans la mise en oeuvre de l’accord politique du 31 décembre, dans la conclusion duquel le docteur Tshisekedi a joué un très grand rôle.

Pourquoi ne pas lui rendre hommage et essayer de l’accompagner dans la dernière partie de son voyage, en allant de l’avant pour pouvoir terminer les négociations sur les arrangements techniques, les mettre en oeuvre et pouvoir offrir au peuple congolais ce qu’il souhaite, c’est-à-dire, un chemin lisible vers les élections, et peut être la première transition pacifique dans l’histoire de ce pays.

Je ne sais pas si vous mesurez où va ce pays. Ce qui est important ici c’est que ce que la RD Congo prépare si ça réussit ; va au-delà de l’ambition d’un individu ou d’un groupe d’individus ou d’un parti ou d’un groupe de partis.

C’est le rêve de tout le peuple congolais d’enraciner la démocratie dans votre pays, pour que le jeu politique revienne à la sérénité, et que l’alternance et la transmission pacifique du pouvoir soient inscrites dans la vie au quotidien de ce peuple et de ce pays, qui attend ça depuis plus de 50 ans.

Je pense que l’appel que nous lançons à tout le monde, c’est peut-être de saisir cette occasion. Dans la vie des hommes et dans la vie des sociétés, il y a des moments comme ça qu’on ne doit pas rater. Et je pense que si on veut réaliser le combat que le docteur Tshisekedi et tous les autres patriotes congolais qui se sont battus et d’autres ont perdu la vie pour que ce pays reste uni, si on veut réaliser cette ambition, je pense que c’est l’occasion d’aller de l’’avant.

C’est le message qu’en votre nom, au nom de tous les congolais nous passons aux acteurs politiques congolais en se disant peut être que le retour de la dépouille mortelle du docteur Etienne Tshisekedi devrait être une retrouvaille familiale.

On devrait pouvoir célébrer la vie de cet homme et dire que nous sommes prêts, nous allons t’accompagner à ta dernière demeure mais ce pour lequel tu t’es battu, nous allons pouvoir le réaliser et de là où tu seras, tu vas nous observer et être fier du peuple de la RD Congo et être fier de tout le monde.

C’est l’appel que nous, nous vous lançons.

Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Nous réitérons tous nos remerciements au docteur Diallo pour toutes ces informations, mais aussi la sagesse de ses propos.

Merci d’avoir été avec nous aujourd’hui, à mercredi prochain. 



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