Ouverture de la Session de septembre à l’Assemblée Nationale
Evariste Boshab exhorte les Députés à doter l’Etat congolais d’un budget conséquent !
Kinshasa, le 16/09/2011
Avant de souhaiter bon retour à chacun de ses collègues députés nationaux, le Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Evariste Boshab a tenu à féliciter l’ensemble de ses collègues pour travail abattu durant leur mandature qui tend à sa fin. Devant le Président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, Evariste Boshab a rappelé aux uns et autres que l’Assemblée Nationale va examiner minutieusement tous les devoirs considérés comme prioritaires. Entre autres : les initiatives législatives en souffrance, déjà acceptées par les commissions spécialisées. Parmi elles cite-t-il, la reforme de la justice, de la police et de l’armée. En homme satisfait, bien que fin mandat, Boshab Evariste a indiqué que l’Assemblée Nationale n’a pas démérité et n’a faillie à aucune de ses missions. Chaque Session a-t-il dit, la chambre basse a battu le record de la précédente en qualité et en quantité, malgré les prédilections des prophètes de malheurs qui ne pouvaient voir une Assemblée Nationale soudée, et capable de siéger.
Toutefois, les défis à surmonter sont encore là. C’est dans cet ordre que l’Honorable Boshab a exhorté le Gouvernement à déposer sans délai, le Projet de loi des finances pour l’exercice 2012 car, a-t-il souligné, la continuité de l’Etat doit être assurée même si nous sommes fin mandat. Il estime qu’il sera avantageux que l’Assemblée Nationale dote l’Etat congolais d’un budget qui satisfasse toutes les couches sociales. C’est un devoir !
DISCOURS DE L’HONORABLE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE A L’OUVERTURE DE LA SESSION ORDINAIRE DE SEPTEMBRE 2011
Honorable Président du Sénat ;
Honorables membres du Bureau de l’Assemblée Nationale et du Sénat ;
Honorables Députés, Honorables Sénateurs et Chers collègues ;
Messieurs les Ministres ;
Madame la Bourgmestre de Lingwala ;
Mesdames et Messieurs les Cadres et Agents de l’Assemblée Nationale ;
L’ouverture d’une Session ordinaire est une exigence constitutionnelle. La présente se trouve être la dernière session ordinaire de la 1ère législature de la 3ème République.
Toutefois, je voudrais vous dire, chers Collègues, que notre session s’ouvre par une note sombre. En effet, la mort, et toujours elle, a arraché à notre affection et au devoir de leurs charges l’Honorable LOMATA ETITINGI député national et Monsieur NZINGA Norbert, Chef de bureau accueil et cérémonies à l’Assemblée Nationale, décédés au courant de ce mois de septembre 2011. Le corps de notre collègue LOMATA n’est même pas encore arrivé à LUKOLELA, lieu de sa dernière demeure.
En leur mémoire, je vous demande d’observer une minute de silence. Je vous remercie)
C’est, conformément aux articles 115 de la Constitution et 55 de notre Règlement intérieur, que l’Assemblée Nationale ouvre, de plein droit sa session de septembre 2011 à soixante treize jours du renouvellement du mandat de ses membres. C’est donc une compétition électorale qui s’annonce, puisque chaque mandat est, par définition, limité pour permettre au mandant de juger de la capacité du mandataire d’exercer le mandat sans trahir le mandant.
A cet égard, les députés que nous sommes, avons donc à répondre à un double appel de nos différents électeurs : l’appel à accomplir jusqu’au bout de notre mandat de représentant du peuple et l’appel, quelque peu égoïste, mais tout à fait naturel de nous trouver sur le terrain, aux côtés de nos électeurs, afin que le renouvellement du mandat ne débouche sur une surprise désagréable.
Le Bureau de l’Assemblée nationale, en cette conjoncture électorale, est bien conscient de cet état d’esprit qui féra fléchir l’élan de nos députés entre l’aboutissement de leur mandat et son renouvellement. Nombreux d’entre nous avons profité de l’intersession pour déposer nos candidatures à la députation nationale dont le scrutin aura lieu le 28 novembre prochain. L’évocation de cette échéance fait augurer la difficulté que notre Chambre législative aura à organiser et tenir sans désemparer son agenda législatif. A l’impossible nul n’est tenu, l’Assemblée Nationale fera son devoir en privilégiant les domaines considérés comme prioritaires en ce que la législation d’un pays ne peut être le fait d’une législature. Ceci ne constitue, cependant pas une excuse pour ne pas finaliser les projets et propositions de loi qui ont déjà reçu l’aval des commissions spécialisées. Il va falloir travailler avec méthode en vue de faire aboutir les initiatives législatives en souffrances relatives à la reforme de la justice, de la police et l’armée. Dans cette optique, bien circonscrite, le temps nous est compté.
Toutefois, j’ai la ferme conviction qu’ayant œuvré ensemble pour que notre bateau accoste à bon port, ce n’est pas à quelques pas des rivages que nous serons vaincus par l’esprit de négligence, pour sombrer ensemble. Car, dans cette hypothèse, le jugement de notre peuple sera impitoyable. Or, chacun de nous est entrain de réunir ses preuves pour que ce jugement nous soit favorable.
Je voudrais, chers collègues, saisir cette belle occasion pour vous souhaiter, d’ores et déjà, bon retour à la maison et, en même temps, vous adresser d’avance les encouragements et le soutien, sans faille, de votre Bureau dans les défis qui sont nôtres.
A chaque rentrée parlementaire, ceux qui ne se fatiguent de prédire des catastrophes décrivent une Assemblée Nationale divisée, tiraillée et incapable de siéger pour se prononcer sur une initiative législative ; heureusement pour nous, non seulement que les lois sont adoptées mais aussi et surtout, chaque session bat toujours le record de la précédente en qualité et quantité.
Honorables Députés et chers collègues ;
Le 15 septembre coïncide également avec la journée de la démocratie commémorée, depuis 2007, à l’initiative de l’Union interparlementaire. A cette occasion, il me parait opportun au lieu de considérer la démocratie comme une suite des devoirs des tenants du pouvoir, sans tenir compte que chacun de nous a sa part de responsabilités, au lieu de considérer la démocratie comme une réalité éthérée, devant descendre d’une planète inconnue, pour transformer toutes les peines et misères en bonheur ; nous nous proposons de nous interroger, un instant, sur la manière dont fonctionnent nos commissions parlementaires qui sont des instances irremplaçables pour que la matière brute prenne la forme d’une loi.
Constituées au début de la législature, suivant les inclinations des parlementaires, les commissions fonctionnent-elles de manière optimale ?
Ne sont-elles pas, en définitive, réduites à fonctionner suivant l’assiduité de trois ou cinq membres ?
A partir de cet instant, comment affirmer que les forges ont fonctionné de façon optimale, et que par dévouement, labeur et détermination de chacun les pierres vagues ont été transformées en métaux précieux ?
Il s’agit, en cette journée de la démocratie, de remettre en cause les méthodes routinières qui retardent l’adoption des lois.
Dénoncer ne signifie pas seulement se révolter contre la complicité du silence, dénoncer en ce qui nous concerne, doit s’allier avec la mise en place des stratégies plus efficientes pour la bonne fin des travaux parlementaires. Point n’est besoin de nous étendre davantage sur ce sujet en ce que le silence en lui-même, en dit long.
Honorables députés et chers collègues,
Envers et contre tout, la présente session demeure une session budgétaire, au sens de la Constitution de notre pays. Je voudrais exhorter le Gouvernement au dépôt, sans délai, du Projet de loi des finances pour l’exercice 2012 car, la continuité de l’Etat doit être assurée même si nous sommes fin mandat. Doter l’Etat d’un budget, qui satisfasse toutes les couches sociales, est notre devoir.
Mon exhortation est de faire, en tout temps, même lorsque le temps devient suspect, de notre Chambre législative un fleuron de redressement des équilibres rompus, un foyer de dialogue et une Assemblée délibérant dont la vigilance et le professionnalisme doivent, avant tout et pour tout, servir les intérêts du peuple.
C’est, du reste, en ce sens que devront être orientés les rapports des vacances parlementaires que nous attendons sans délai.
Je voudrais conclure par l’expression de Myriam REVULT D’ALLONES qui dans son livre « Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie ? » dit et je cite : « Il nous faudrait ainsi opérer une sorte de recomposition, remettre à la place qui leur revient les soubassements et les valeurs de la démocratie. Mais ce travail lui-même n’est possible que si nous avons conscience du caractère foncièrement problématique de la démocratie. La vie problématique est une qui laisse l’homme à découvert.
C’est une vie où la finitude, le danger auquel elle est constamment exposée est toujours devant elle, à affronter ».
Sur ce, je déclare ouvert la session ordinaire de septembre 2011. Je vous remercie.
La Pros.
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